Néologisme fourre-tout destiné à exciter l’imaginaire et à faire passer la pilule, le transhumanisme n’est pour Colomb, sociologue, qu’un bon vieux capitalisme toujours plus ensauvagé, qui s’ingénie à étendre son empire sur la totalité des choses – dont la GPA est l’arbre qui cache la forêt. Le constat est sidérant : fœtus avortés revendus à prix d’or en Russie pour des thérapies anti-vieillissement, collecte de cellules souches de prépuces de nouveau-nés en Corée du Sud, création de biobanques partout dans le monde pour satisfaire les appétits des grands labos. Revenant sur les origines du mal, Colomb explique comment nous sommes passés du « corps-relieur » de l’ère féodale au « corps-interrupteur » de l’âge industriel. Il montre que le capitalisme s’identifie lui-même à un corps cannibalisé, qui aurait besoin de se consommer pour s’étendre.
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Plus radical encore, la science, l’État et le capital relèveraient pour lui d’une même logique de dépossession et de monopolisation ; alors que sous couvert de morale, la bioéthique agirait comme facilitateur pour la bioéconomie. Le capitalisme aurait ainsi parachevé son objectif : autoriser l’auto-exploitation de chacun avec la bénédiction de tous. Un essai accablant – à mettre à côté du dernier Éric Sadin pour connaître le cauchemar que les technosciences nous préparent.






