Tout biografilm étalé dans le temps se condamne à de la bouillie psychologisante. Michael Mann l’a bien compris qui, de la vie d’Enzo Ferrari, ne traite qu’un été, avant une course fameuse, les Mille Miglia de 1957. Portrait d’un homme partagé entre deux enfants, un mort et un vif, son film restitue avec presque rien un temps où l’ubiquité numérique relevait de l’anticipation. Le seul effet spécial apparent fait de la violence d’un accident de voiture du jamais vu à l’écran. À la différence du Rebelle (King Vidor, 1949), le héros n’est pas un demi-dieu inébranlable, mais un père endeuillé qui semble contaminer tout ce qu’il touche, et pour qui le succès est à la fois un pis-aller et une nécessité.
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Une belle scène d’opéra où chaque personnage projette ses propres aspirations et saisit l’inconscient collectif d’un pays en reconstruction. L’interprétation d’Adam Driver en Commendatore et de Penelope Cruz en épouse bafouée as- surent un intérêt constant à ce Ferrari qu’on recommande sans hésitation.
FERRARI (2h10), de MICHAEL MANN, avec Adam Driver, Penelope Cruz, Shailene Woodley, en salles le 8 mars.





