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Exposition universelle de 1900 : Paris couronne la Belle Époque

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17 avril 2024

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Alors que les Parisiens tirent la gueule à l’approche des Jeux olympiques sauce Hidalgo, L’Incorrect vous rappelle une des plus belles réussites de notre capitale : l’Exposition universelle de 1900. À l’aube du nouveau siècle, cette grande fête de la modernité a marqué la ville et l’histoire, juste avant que cette dernière ne jette l’ombre sur les conséquences du progrès.
© DR

La première Exposition universelle a lieu en 1851 dans une Angleterre au cœur de la révolution industrielle et désireuse de mériter son statut de phare du monde. Le principe en était une célébration du progrès industriel et scientifique ainsi que l’élaboration d’une saine émulation entre nations civilisées. Au fur et à mesure que le siècle avance, un Paris rafraîchi par la révolution haussmannienne vole progressivement la vedette à sa sœur britannique, et voit les plus belles expositions y être organisées, en 1855, 1867, 1878 et 1889. Cette dernière, qui célèbre le centenaire de la Révolution française, inaugure de la Tour Eiffel. C’est néanmoins la suivante qui marque le plus l’histoire, celle de 1900.

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Sur le thème « Bilan d’un siècle », cette Exposition universelle qui s’ouvre le 15 avril 1900 affiche une ambition assez époustouflante. Dans un quadrilatère allant, rive gauche, de l’esplanade des Invalides au Champ-de-Mars et, rive droite, du bas des Champs-Élysées au Trocadéro, pullulent des centaines de pavillons rivalisant d’ingéniosité. Le long de la Seine s’étendent les pavillons de la cinquantaine de pays étrangers qui participent, et produisent à l’occasion des petits chefs-d’œuvre. Les Autrichiens remontent par exemple pierre par pierre un château local, les Russes reproduisent un Kremlin miniature, et les Suisses construisent quant à eux un village alpin avenue de Grenelle, avec les animaux et même l’imitation du relief grâce à des structures d’acier recouvertes de roche.

Les Français ne sont pas en reste. Au fond du Champ-de- Mars, le clou du spectacle est le palais de l’Électricité, structure de 130 mètres de long à la gloire de cette invention alors toute neuve, dont une façade est constituée par une véritable cascade illuminée la nuit. Tout l’événement foisonne de prouesses technologiques, avec cette grande roue de 70 mètres de diamètre, ce télescope de 60 mètres de long qui permet au grand public d’observer la lune avec une précision ici encore inconnue ou encore ce trottoir roulant de 3 kilomètres de circonférence en guise de périphérique autour de l’exposition.

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Si la plupart de ces attractions sont démontées à l’issue des six mois de la foire, Paris change aussi durablement de visage, avec l’inauguration du Petit et du Grand Palais, du pont Alexandre III et de la première ligne du métro, ainsi que l’ouverture de la gare d’Orsay. Plus que des bâtiments, cette exposition qui attire 50 millions de visiteurs – la France compte alors 41 millions d’habitants – laisse des souvenirs à ses contemporains. Elle apparaîtra plus tard comme l’apogée de ce qui sera nommé la Belle Époque, période marquée par une certaine insouciance et une foi illimitée dans le progrès technique. Foi que l’horreur sans précédent de la guerre industrielle ne tarderait pas à faire vaciller.

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