Un corbillard roule sur une route embrumée. Le cercueil à l’arrière ménage une ouverture dévoilant le visage d’un jeune homme. Une voix off résonne, lente et hypnotique, qui va dresser le portrait parcellaire d’une ville Medellín et de la frange la plus désespérée de ses habitants, jeunesse queer promise au trépas. Pour son premier documentaire sous hautes influences, de Carax à Weerasethakul, Theo Montoya frappe fort, tant le résultat convainc, ensemble et détails.
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Chaque plan impose une juste durée, et la dérive vers la fiction approfondit le récit par le biais d’une secte de fantômes. Précis de nihilisme contemporain, Anhell69 fait de chaque apparition un mort en sursis, à l’image du jeune homo dont le pseudo sur Instagram est le titre du film. Des restes de catholicisme flottent dans un univers sécularisé où l’annihilation drogue ou meurtre forme le seul avenir. Tous les pères absents ont le visage de Pablo Escobar dans ce superbe film hanté qui augure du meilleur.
ANHELL69 (1 h 15), de THEO MONTOYA, avec Alejandro Hincapié, Camilo Machado, Alejandro Mendigana, en salles le 29 mai.





