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1948 : la Nakba des petits commerçants

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27 juin 2024

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« Levez-vous petits épiciers! Marchands de bonbons! Bouchers-charcutiers! Poissonniers! Marchands de meuble! De fringues! Boutons! Quincailles! Dans chaque commune de France, il y avait tout un écosystème de boutiquiers qui animait le bourg. » Dans cet article, l’auteur dénonce l’ abandon des petits commerces, souvent attribué à la société de consommation et à la mondialisation, qui favorisent les grandes chaînes et les multinationales, rendant difficile la survie des entreprises locales.
© Illustration de Romée de Saint Céran pour L'Incorrect
© Illustration de Romée de Saint Céran pour L'Incorrect

Ils font chier le monde les Palestiniens avec leur Nakba de 48. Rien à foutre de leur déménagement! Fallait pas vendre ses champs aux types qui descendaient des bateaux, voilà ! Les papillotes et le chapeau, ça aurait dû les alerter aussi. Et puis des Nakba, il y en a eu un paquet dans l’Histoire récente. Sans remonter aux Acadiens et aux Indiens d’Amérique, on peut quand même citer les Irlandais catholiques expulsés du nord de l’île avant et après l’indépendance du sud, les Grecs à Chypre et en Turquie, les Allemands installés en Alsace après 1918, les Blancs du Zimbabwe, les Arméniens un peu partout. Bref ! Pourquoi plus chialer sur les Palestiniens que sur les autres? En 1948, c’est surtout une autre Nakba qui a touché la France. Et une bien sévère! Qu’on en ressent encore les conséquences aujourd’hui: la Nakba du petit commerce. Car en 1948 ouvrait à Paris, rue André-Messager, le premier libre-service de France. L’ancêtre des supermarchés en gros. Les Bretons qui sont, par nature, plus intelligents que les autres sublimeront le concept avec le premier Leclerc à Landerneau un an plus tard. De là, date le martyre des petits commerces.


Appel aux morts

Levez-vous petits épiciers! Marchands de bonbons! Bouchers-charcutiers! Poissonniers! Marchands de meuble! De fringues! Boutons! Quincailles! Dans chaque commune de France, il y avait tout un écosystème de boutiquiers qui animait le bourg. Chère petite bourgeoisie commerçante avec ses défauts et ses immenses qualités. Poujade et ses marchands de saucissons ont bien essayé de résister mais les linéaires, les parkings immenses et les pubs criardes avec mines réjouies devant un rosbeef ont fini par vaincre les plus résistants. Castomerlin a assassiné les derniers quincaillers dans les années 60, Leclerc s’était chargé des épiciers 20 ans avant. Derniers héros tombés au champ d’honneur: les bouchers-charcutiers et les poissonniers, égorgés par les rayons sushis et la viande en barquette. Jack Lang, il faut lui reconnaître ça, aura sauvé les libraires et le lobby des pharmaciens en empêchant Leclerc de les avaler tout cru. Mais tous les autres ont péri. En rafale. Génocide. Anéantissement. Lampe à huile.

Lire aussi : Croisades : free Palestine

Le poivrot, dernière vigie glorieuse


Allez faire une « déambulation ressourcielle » dans n’importe quel bourg de campagne, il ne reste désormais qu’un bistrot et un kebab. Tout le reste est pris en otage dans le Super U avec laverie automatique et distributeur de pizza près de la Nationale. Honneur et gloire aux poivrots et joueurs de PMU qui résistent et font vivre le dernier café! Quand celui-ci aura été vaincu par le prochain Covid et les jeux en ligne, il ne restera que le kebab. Avec spécialité « sauce algérienne ». Et là, on ne peut pas accuser les Arabes. On se sera au- to-grand-remplacés nous-mêmes. Maudites Trente Glorieuses! Société de consommation! Ah il leur fallait tout aux femelles! La machine à laver et le Paic citron de chez Carrefour! C’est un peu de leur faute tout ça. Et à leurs fainéants de maris! Maintenant nos bourgs les plus éloignés de tout sont devenus des cités-dortoirs de rien. L’ONU reconstruira Gaza avec notre pognon mais personne ne redonnera de la vie à nos bourgs ruraux. Nakba éternelle. Bien fait pour nous!

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