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Les médias face aux agressions sexuelles : un silence complice

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Publié le

19 février 2025

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Ne parlez surtout pas de « faits de société » mais de « faits divers ». C’est comme le lien entre immigration et délinquance. Complément d’enquête l’émission auto-proclamée d’investigation de France télévision a affirmé qu’il n’y en avait pas malgré les chiffres. Voilà. C’est l’histoire d’un contre-récit permanent pour ne surtout pas voir. C’est l’histoire d’un déni de faciès.
© Kristina Flour – Unsplash

Sur un plateau de télévision, le trublion Thomas Guénolé s’insurgeait récemment contre « l’instrumentalisation » des agressions sexuelles auquel s’adonnerait la droite. Une inversion accusatoire typique de la duplicité de certains médias, qui n’hésitent pas à feuilletonner les affaires #MeToo lorsqu’elles concernent des hommes blancs, tout en glissant sous le tapis toute agression qui pourrait incriminer une « chance pour la France ». Retour sur une manipulation savamment orchestrée – et sur quelques « leçons de choses » assénées régulièrement par les médias pour occulter tout un pan de la réalité.

Leçon n° 1 : Prenez garde aux Versaillais

C’est un véritable « contre-récit » de la violence sexuelle en France qui s’est installé depuis des années. En point d’orgue, après le meurtre de Philippine au bois de Boulogne en septembre 2024, la réaction épidermique de la maire de Paris qui a fait retirer des affiches dénonçant le statut de l’agresseur : un « OQTF » comme de nombreux autres. Il ne faudrait surtout pas stigmatiser ces pauvres clandestins chassés de chez eux par la misère… À gauche, évidemment, on dénonce l’instrumentalisation éhontée, à des fins politiques et « anti-immigrationnistes ». Un véritable tabou dénoncé depuis des années par l’association féministe Némésis, la seule qui n’hésite pas à faire le rapprochement entre une immigration illégale décomplexée et l’augmentation des agressions sexuelles – un combat pour lequel ses militantes sont régulièrement taxées d’« extrême droite ». « J’ai été suivi par six mecs un soir, qui m’ont reconnue et ont commencé à me traiter de salope d’extrême droite », raconte Mayliss*, qui milite au collectif Némésis après avoir subi des agressions sexuelles depuis le lycée. Autant dire que ce genre de pression ne dérange personne, puisque les médias mais aussi les agences gouvernementales instruisent quotidiennement cette omerta. On ne reviendra pas sur les affiches grotesques de la RATP pour sensibiliser contre les violences faites aux femmes, affiches sur lesquelles les agresseurs sont systématiquement représentés par des jeunes blonds aux yeux bleus. Ou sur la récente campagne de sensibilisation de la mairie de Bordeaux, avec ses affiches hilarantes où les agresseurs sont… de jeunes Occidentaux en costard-cravate. Ou sur les supercheries éhontées dont usent certains journalistes pour dissimuler grossièrement la vérité : récemment un jeune d’origine maghrébine coupable d’une agression a été désigné comme un « Versaillais », suscitant les moqueries légitimes de toute la twittosphère…

Leçon n° 2 : méfiez-vous de vos proches plus que d’un passant

De fait, le discours trop policé des médias est pointé du doigt uniquement lorsqu’il est soupçonné d’accompagner cette « culture du viol », point Godwin du discours néo-féministe. Récemment le think thank Institut géopolitique du genre (!) dénonçait ainsi « l’insoutenable légèreté des médias français », ainsi qu’une « minimisation des faits, reflet d’un mécanisme psychologique qui permet de tenir éloignée une réalité que l’on ne souhaite pas voir ». Le problème, c’est que le think tank s’intéresse essentiellement aux viols intrafamiliaux ou aux cas dans lesquels la victime connaissait son agresseur. Si ce type d’agression est effectivement très répandu et particulièrement délicat à démontrer, il cache opportunément une autre réalité, celle des « viols de rue » sur laquelle le think tank, mystérieusement, ne dit à peu près rien. Pourtant, au cours de l’année 2023, 114 000 victimes de violences sexuelles ont été enregistrées par les services de sécurité. Parmi ces victimes, 74 % ont subi ces violences en dehors du cadre familial ou conjugal (soit près de 84 000 victimes). Au passage, les étrangers sont sur-représentés dans les violences sexuelles intra-familiales (18 % pour les viols conjugaux et 13 % pour les agressions sexuelles).

Lire aussi : Viol en France : l’enquête interdite

L’Institut va même encore plus loin en se prononçant pour la mise en place d’une charte journalistique, « sur le modèle espagnol ». En signant cette charte, les médias espagnols s’engagent par exemple à ne pas traiter la violence de genre comme un fait divers, et par conséquent « à ne pas publier de photographies ou de détails morbides » précise le think tank. Un moyen supplémentaire pour se dispenser de préciser l’identité et l’origine des agresseurs ? Dans tous les cas, en invoquant la « culture du viol » comme alpha et oméga des revendications légitimes du féminisme, ce genre d’activisme aggrave un peu plus le silence qui s’installe, et se garde bien d’évoquer le vrai tabou qui résiste à toutes les analyses sociologiques et à tous les savants prêches d’éditorialistes. Une violence contre les femmes qui sévit dans les rues, et qui atteint des proportions inquiétantes dans certaines grandes villes (voir les chiffres alarmants de l’agglomération nantaise, qui ont même poussé certaines habitantes à déménager).

Leçon n° 3 : Plutôt Gérard que Boubakar

Dans un article qui se targue de venir à bout de « l’instrumentalisation », le site Arrêt sur images se contente finalement d’énumérer les réactions de ces « chroniqueurs d’extrême droite » qui attisent la haine raciale… sans leur opposer aucun argument : « Au-delà de la xénophobie et de l’instrumentalisation de la détresse des victimes, martèle la journaliste Élodie Safaris, ce discours empêche la recherche de la vérité en matière de violences sexuelles. Il n’y mettra pas fin, surtout s’il est porté par des hommes accusés de violences et des partis misogynes. » Soit un résumé en deux phrases de la dissonance cognitive du féminisme censeur et politiquement rangé : d’un côté, il s’agirait de défendre une « vérité en matière de violences sexuelles », comme s’il y avait de « vrais » et de « fausses » agressions. De l’autre, on ne devrait pas écouter des partis « misogynes », même lorsqu’ils se contentent de relayer les propos réels de victimes comme Claire Géronimi, qui a eu le courage de choisir son camp. Même l’ancienne secrétaire d’État à l’Égalité femmes-hommes Marlène Schiappa, que nous avions interrogée dans ces pages, dénonce ce discours à deux vitesses : « Pendant mon mandat, j’ai obtenu l’exclusion des auteurs de violences sexistes et sexuelles qui sont de nationalité étrangère. J’ai alors été lynchée pour cela, on m’a traitée de facho. J’en veux beaucoup à certaines organisations prétendument féministes qui se sont battues contre ça et qui ont pris le parti des violeurs au lieu de prendre le parti des victimes. Ça veut dire quoi ? Que la parole des victimes ne se vaut pas toujours ? Que les seules victimes dont la parole est valable sont les célébrités ? »

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Le média de gauche, comme toujours, cherche à noyer le poisson sous une sorte d’égalitarisme mou, qui vise à étouffer tous les cas particuliers, et à ne pas reconnaître qu’une société multi-ethnique est une société multi-conflictuelle. Ainsi l’indignosphère s’emballe-t-elle de façon systématique sur les mêmes types d’agresseurs : les hommes blancs si possible puissants. Haro sur Weinstein, Polanski, l’abbé Pierre, Depardieu… mais sur ces tragédies qui se déroulent sous nos yeux, dans nos quartiers, les médias sont toujours pusillanimes. Quoiqu’en disent les « fact checkers » de Libération ou de Mediapart, il y a bien une différence de traitement, et pas des moindres. À ce titre, le long papier du Monde publié le 14 octobre dernier est un cas d’école. Le quotidien cite abondamment une sociologue de l’Institut national des études démographiques, Christiane Hamel, qui réfute toute explication due à la misère économique, sociale ou culturelle, lui préférant une cause « systémique » : « le système de hiérarchisation des sexes ». En gros, circulez, y a rien à voir. Tout vient de la bonne vieille domination patriarcale, une domination hors-sol, qui existerait par essence, au-delà de toute détermination culturelle ou religieuse.

* Tous les prénoms ont été modifiés.

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