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C’est ainsi qu’Adolf Thiers désignait le vacarmineux raout que ses détracteurs s’obstinaient à provoquer pour lui nuire. C’est en tout cas une confidence que rapporte Victor Hugo dans ses Choses vues.
Le bruit et l’odeur de cette triste conjuration, qui poursuit aussi bien les génies que les imbéciles, a plus que jamais l’éclat de la prospérité et du succès dans une société qui a érigé le spectacle et la criaillerie comme éléments indépassables de l’échange médiatique. La nouveauté est peut-être que les latrines constituent aujourd’hui la renommée elle-même et que nos doléances publiques ressemblent assez nettement à un combat de dames-pipi.
Le spectacle affligeant de la mass média nous permettra d’en convenir assez facilement. Quel débat pourrait-on mener intelligemment sur Twitter ou France 2 ? Fichtre, quel législateur a eu l’idée saugrenue d’abandonner le ressort de la « démocratie participative » aux mains des histrions et de « l’oklos », la foule imbécile ?
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L’esprit de « termitière », que dénonçait hier Aldous Huxley, et l’esprit de coprophilie sont les deux mamelles des débats « sociaux » dans lesquels les hérauts les plus risibles tiennent le haut du pavé. Ne fait-on pas intervenir aujourd’hui dans un célèbre « talk-show » un jeune homme connu pour « interviewer » dans une baignoire des gens très sots ?
Pourquoi notre société accorde-t-elle tant d’importance aux écrans ? Quelle folie que de prétendre relier l’imbécillité de soixante-cinq millions d’esprits par le truchement d’un animateur télévisuel ! Quelle furieuse abomination nous a donc conduits à supporter ne serait-ce que l’existence d’une chaîne d’informations en continu ! Et ne parlons pas des réseaux sociaux qui auraient fait désespérer Abraham de la race humaine.
Nos « affaires » résonnent comme des chamailleries de bordels, où chaque clan se retrouve derrière la large croupe de sa ribaude ou son maquereau
Entre deux vidéos de chats qui pelotent, vous y apprenez l’érection prochaine d’un clitoris géant sur le campus d’une université de Poitier pour « sensibiliser les étudiants aux discriminations contre les femmes » et « faire contrepoids à un grand phallus installé dans une autre cour depuis 40 ans ». Puis une dépêche vous raconte qu’un certain « Comité Laïcité République » a récompensé une « Femen » d’un « Grand Prix International », pour l’exhibition de ses courageux tétins dans l’espace public.
Sur le site d’une radio cette fois, un philosophe de plateau vous explique avec un air truculent que telle traduction entreprise par l’Église est en réalité une attaque « subliminale » contre l’islam. Vous ne saviez pas que Drumont avait fait des émules jusqu’à l’École normale supérieure, ni que les agrégés étaient aussi bêtes. « On n’en sait rien, au fond », ajoutera-t-il plus tard, pour tout signe de pénitence. Un joli procédé à ne pas répéter aux négationnistes !
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La liste entière de ces défaites de la raison serait fastidieuse mais elle ne suffirait même pas à dire la profonde vacuité de la vaste latrine qu’est la scène médiatique où, chacun sur son trône, un millier de semi-mongoliens appellent à l’extermination des trisomiques.
Nos « affaires » résonnent comme des chamailleries de bordels, où chaque clan se retrouve derrière la large croupe de sa ribaude ou son maquereau. Les sujets d’invectives y sont ressassés en boucle et la calomnie y tient lieu d’argumentation. Peste ! Même le diable n’en voudrait pas pour garnir ses enfers ! En revanche, ces bonnes gens vous y jetteraient volontiers pour vous faire payer le prix de votre mépris.
« Faute d’avoir su préserver et de savoir reconstituer l’harmonie délicate et mouvante d’une société très civilisée, nous revenons au mode de cohésion qui est celui de la tribu primitive. Dans des fré- nésies communes se forgent des sentiments forts comportant leurs tabous, qu’il faut partager, sous peine d’être traité en étranger ennemis », écrivait Jouvenel. Tout est dit
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