Skip to content

Opéra : Tosca, un manque enfin comblé ?

Par

Publié le

1 juillet 2025

Partage

Bien que Tosca figure parmi les opéras les plus joués au monde, sa discographie récente souffrait d’un manque criant. Une lacune enfin comblée… ou presque.
© Tosca

Bien que Tosca figure parmi les opéras les plus joués au monde, sa discographie récente – en dehors de quelques lives remarquables – souffrait d’un manque criant : depuis au moins trente ans, aucune intégrale ne pouvait rivaliser avec les références du passé. Une lacune enfin comblée… ou presque. Deutsche Grammophon réunit une distribution de premier ordre, par les qualités individuelles et par l’équilibre de l’ensemble. Eleonora Buratto incarne une Tosca juvénile et sensible, ni matronne ni vampire ; son chant, techniquement admirable, séduit par la pureté du phrasé et la finesse des nuances, toujours à l’écart d’emportements véristes. Ludovic Tézier, s’il a peut-être dépassé son zénith vocal – et malgré quelques effets un brin appuyés – reste somptueux : un Scarpia sadique et manipulateur, que le baryton sculpte mot à mot avec un sens du sous-texte rarement entendu.

Lire aussi : Opéra : Georges Bizet, les marques du génie

Quant à Jonathan Tetelman, il fait merveille dans un Cavaradossi ardent de fièvre amoureuse et libertaire ; ténor stentoréen par la puissance et l’éclat, il maîtrise pourtant ses moyens expressifs sans rien sacrifier du legato ni de la diction : prodigieux ! Face à tant de splendeur, on serait tenté de passer outre la direction de Daniel Harding. Certes, l’orchestre de Santa Cecilia offre des sonorités envoûtantes, la couleur romaine est bien là – que Puccini a savoureusement distillé dans sa partition – magnifiée par la prise de son claire et analytique de Deutsche Grammophon. Mais le chef-pilote – car il partage désormais son temps entre la fosse et le cockpit – peine ici à faire décoller le drame. Attaques molles, tempi dilatés, respiration inégale : la tension dramatique fléchit, comme engloutie par l’excès de détails. La tragédie brûlante, au rythme implacable, se mue en tableau symphonique. De quoi nous faire regretter le feu que son prédécesseur, Antonio Pappano, savait si bien insuffler à la phalange romaine.


TOSCA – OPÉRA EN TROIS ACTES DE GIACOMO PUCCINI – ORCHESTRE ET CHOEURS DE L’ACCADEMIA NAZIONALE DI SANTA CECILIA – Daniel Harding, direction musicale – 2 cd Deutsche Grammophon, 24,99 €

EN KIOSQUE

Soutenez l’incorrect

faites un don et défiscalisez !

En passant par notre partenaire

Credofunding, vous pouvez obtenir une

réduction d’impôts de 66% du montant de

votre don.

Retrouvez l’incorrect sur les réseaux sociaux

Les autres articles recommandés pour vous​

Restez informé, inscrivez-vous à notre Newsletter

Pin It on Pinterest