Gymnote, Narval, Farfadet, Turquoise, Clorinde, Surcouf, Aréthuse, Redoutable, Suffren…Emmené par Jules Verne, cet album nous fait parcourir cent cinquante ans de sous-marins français, avec un luxe de détails techniques à faire pâlir d’envie Charlier, le scénariste de Barbe-Rouge et Tanguy et Laverdure, et une galerie d’ingénieurs et d’officiers, des plus poilus aux plus glabres, qui témoignent d’un tel esprit de corps qu’on est transporté. L’ambition d’arriver à mettre au point le meilleur outil au service de la France suffit à orienter toute l’histoire, très bien dessinée, avec ses bonds techniques foudroyants et ses péripéties malheureuses, qu’il s’agisse de la traitrise des Anglais pendant la Seconde Guerre mondiale ou des naufrages accidentels.
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C’est à la fois linéaire et buissonnant et plusieurs vignettes (parfois aux dimensions de toute la page) arrêtent le regard qui en profite pour scruter les profils étonnants ou élégants des navires ou rêver au hangar de pont du Suffren d’où sort lentement un propulseur sous-marin avec quatre commandos… Que n’existaient-ils alors que les États-Uniens bombardaient nos vaisseaux à Casablanca, en 1942, ou que le Milford britannique attaquait le Poncelet du côté de Port-Gentil en 1941… L’album alterne ainsi hauts faits de guerre, même tragiques, et exploits techniques (sans jamais trop insister sur les grandes lumières des politiques), comme une gigantesque Belle Histoire d’oncle Paul enchaînant allègrement ingénieurs de génie, marins d’exception et monuments de l’industrie, à la seule gloire de la France. Déroutant, passionnant et délicieusement patriotique.
SOUS-MARINS FRANÇAIS, J.-M. Cuzin et P. Deschamps, Triomphe, 80 p., 24,90 €.





