Une fausse retraitée des services secrets danois se met au vert dans une petite copropriété en Islande. Très vite, elle va s’immiscer dans la vie de ses voisins et régler leurs problèmes de façon parfois expéditive. On avait découvert Benedikt Erlingsson en 2018 avec Woman at war, film plutôt correct et à fantaisie mesurée sur une activiste en guerre contre les nouvelles technologies. Sa nouvelle série, La Voisine danoise, marque des progrès confondants tout en approfondissant ses thématiques de prédilection dans un genre finalement délicat, celui de la comédie noire. On pourra d’abord tiquer devant la couche de progressisme qui englue les second et troisième épisodes avec l’accumulation de grigris sociétaux, VSS, grossesse adolescente, réfugiée libyenne en détresse, n’en jetez plus… Mais derrière cette soumission apparente au goût du jour, la série est beaucoup plus retorse, osant notamment ce qu’on pourrait qualifier d’humour racial intrascandinave où chaque nationalité est débinée par les autres. Les Norvégiens sont « colériques et peureux » et l’héroïne, s’étonnant d’une décoration que les autorités du cru vont lui remettre, se voit répondre par sa hiérarchie que les Islandais ont « une mentalité de colonisés ». On retrouve les ressorts communautaires qui faisaient le sel des deux premières saisons de L’Hôpital et ses fantômes (Lars von Trier, 1994-1997) vibrant d’animosité bilatérale ente Danois et Suédois. […]
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