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Plus douce sera la chute : plongée dans les catacombes 

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Publié le

14 mai 2026

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Loin de la surface et de ses molles attentions, il y a les profondeurs de la ville. On y respire mieux, on y vit plus librement, on s’y retrouve en colloques silencieux. On y ressasse tous les fantasmes de la géographie secrète, depuis les catabases de l’Antiquité grecque jusqu’aux maquis de la Résistance. Tout Parisien, et même tout habitant d’une métropole le sait : sous le sillage conspué des marchandises, sous les tracés imbéciles des fonctionnaires, une autre vie est possible. Nous avons passé, pour s’en convaincre, une nuit avec des « cataphiles ». Et cette impression fugace : ils sont les derniers chrétiens à respirer encore parmi les ruines d’un monde qui s’abîme dans le vertige.
© Benjamin de Diesbach

« Les catacombes parisiennes, c’est un truc de touristes », me dit Jules. J’ai pourtant du mal à cacher ma déception lorsqu’il m’annonce que notre petite excursion ne se fera pas, stricto sensu, sous les rues parisiennes, mais un peu plus loin, en banlieue. Jules me balance ça sans morgue ni mépris, juste avec la conscience éclairée de ceux qui savent.

Silhouette gracile mais noueuse, petite moustache de dandy, on a du mal à lui donner un âge ou une profession. D’ailleurs, il est peut-être encore étudiant. Pas évident de se faire une idée. Sur tous les points Jules reste discret, à quelques jours du rendez-vous. Les cataphiles aiment entretenir l’idée d’une vie parallèle. Ce qui se passe sous terre ne relève pas du monde réel, des grossièretés de la surface, des patauderies de l’état civil. Ici, personne ne donne son vrai nom. Parler de son travail, de sa vie à la surface, c’est presque de l’impolitesse. Il y a ce contrat tacite dans les catacombes : oubliez qui vous êtes. Laissez à l’entrée les oripeaux de votre ego clinquant. Dans les catacombes, il y a cette idée qu’on n’est pas totalement soi. Ou alors qu’on peut enfin l’être, justement, en dépit de ses fonctions officielles et la rustrerie administrative. […]

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