Concomitamment au sommet Donald Trump/Xi Jinping à Pékin du 13 au 15 mai, se dénouaient, aux États-Unis, quelques affaires d’espionnage. Le 11 mai, Eileen Wang, la maire d’Arcadia, une ville de 50 000 habitants au sud de la Californie, plaidait coupable de ses activités d’agent chinois. 10 ans de prison requis. Le 13 mai, à New York, Lu Jianwang, dit Harry Lu, était accusé d’opérations de police sur le sol américain pour le compte de la Chine. Après perquisition de ses locaux situés au-dessus d’un ramen de Chinatown, le FBI découvrit que, sous couvert de renouveler les permis de conduire des gens du quartier, Lu traquait les dissidents chinois réfugiés aux États-Unis. 30 ans de prison requis. On apprit alors que la Chine pilote 100 postes de police clandestins dans 50 pays, autant d’antennes de surveillance de sa diaspora. Le 7 mai, pour la première fois de son histoire, la justice britannique jugeait deux fonctionnaires inculpés pour espionnage au profit de la Chine. Chi Leung Wai, dit Peter Wai, employé au ministère de l’Intérieur, et Chung Biu Yuen, dit Bill Yuen, cadre au Bureau commercial de Hong-Kong, tous deux bi-nationaux sino-britanniques, avaient infiltré les réseaux de Hongkongais pro-démocratie exilés au Royaume-Uni et informaient Pékin des faits et gestes de politiciens anglais. Les deux espions ont été confondus à l’issue d’un an d’enquête du service de renseignement intérieur MI5.
Ces affaires interviennent après que, en préparation de sa visite à Pékin en janvier dernier, le Premier ministre Keir Starmer avait donné son feu vert à la construction d’une méga-ambassade chinoise au centre de Londres, sur un terrain de 22 000 m2, au cœur du réseau de fibre optique qui relie la place financière de la City. Le sous-sol de l’ambassade comprendra 200 pièces. De quoi perfectionner le dispositif chinois de cyber-espionnage Salt Typhoon qui avait hacké les communications du 10 Downing Street de 2021 à 2024.
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Salt Typhoon a aussi piraté plus de 100 entreprises américaines de télécom. À l’espionnage industriel s’ajoute l’entrisme dans la recherche académique. Quant à la compétition militaire, le Fentanyl en provenance de Chine y contribue, étant devenu la première cause de mortalité des Américains en âge de se battre (18-44 ans). Par ailleurs, les USA légifèrent pour bannir les investissements immobiliers étrangers à proximité de leurs bases militaires.
Cet art chinois d’acquérir du terrain près des sites stratégiques avait fait l’objet d’une étude édifiante au Royaume-Uni : on compte, en tout, dans le pays, 12 000 restaurants chinois pour 15 000 restaurants indiens, soit quatre chinois pour cinq indiens. Ce ratio, autour de la base navale de Plymouth, est de sept restos chinois pour un indien ; près de la base de Clyde, trois chinois pour un indien. La concentration de bouis-bouis mandarins à portée d’écoute des sites militaires se vérifie à tous les coups…
Le G2 Trump-Xi de la mi-mai intervenait sur fond de bouleversements géopolitiques. Washington s’en est pris au Venezuela, l’allié de Pékin en Amérique, puis à l’Iran, l’allié de Pékin au Moyen-Orient. Puis s’est occupé de contenir l’influence chinoise sur le canal de Panama. Xi Jinping, pendant la rencontre, a montré les muscles à propos de Taïwan et clamé sa position de superpuissance face à un rival selon lui en perte de vitesse. Ce discours conquérant s’accompagne d’une campagne de censure « contre le pessimisme ». Sur les réseaux sociaux chinois, les propos négatifs sont illégaux. Plus de chinoiseries en Chine.





