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Daphné Tamage, première couronnée du roi René

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Publié le

18 juin 2026

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Ce n’est pas parce que les ventes de livres s’effondrent qu’il ne faut pas multiplier les prix : ainsi nous compenserons le défaut de rentabilité par la hausse du prestige ! Le dernier né des prix est provençal et monarchique, et vient d’éclore de belle manière. Retour sur cette éclosion royale et les qualités de sa lauréate.
© Prix du roi René

Le premier prix littéraire du roi René a été décerné le 11 juin dernier, au Novo, en la ville d’Aix-en-Provence. Ce prix littéraire, fondé par les écrivains Enguerrand Guépy et Matthieu Falcone, a pour ambition de récompenser une œuvre littéraire qui fasse la part belle à la fiction et à la langue française. Pour cette première édition, le prix a été décerné à Daphné Tamage pour son roman Le Chant des contraires (Stock) paru en mars 2026. Dans ce deuxième roman faussement léger de la jeune romancière belge, il est pêle-mêle question d’oiseaux qui meurent, de foi chrétienne, de rapports amoureux et d’enfermement. Mise en abyme de sa claustration psychologique, la narratrice se retrouve encloisonnée dans sa chambre de bonne un soir de nouvel an. Affluent alors les souvenirs de ses amours ratées, d’emblée vouées à l’échec, de la foi qu’elle a perdu sans cesser de fréquenter son ami prêtre, de l’absence du père et de la subséquente place désordonnée que prennent ses amants qui pourraient avoir l’âge de l’être (son père). D’une écriture fine et légère, non dénuée d’ironie et d’autodérision, Daphné Tamage nous entraîne dans son labyrinthe intérieur où pleuvent les oiseaux morts et patiente le minotaure. Débonnaire comme de coutume, le roi René a également décerné une mention spéciale au livre posthume de Vincent Petitdemange intitulé Requiem au bord du jour (éditions des Instants), roman plein d’inventivité et d’un imaginaire rayonnant qui laisse penser que son jeune auteur parti trop tôt eût fait un écrivain de premier ordre.

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Prix doté et noble jury

Le prix du roi René, créé en l’an de grâce 2026, à Aix-en-Provence où mourut René d’Anjou, comte de Provence et pair de France, est doté de 3000 € par les entreprises Sols Azur et UrbaTP, somme qui est ainsi revenue à la jeune Daphné Tamage. Grand bien lui fasse. Son jury se compose des nobles dames Zoé Ferdinand, Estelle Derouen et Marie Lussignol en leurs qualités de lectrice, communicante littéraire et comédienne, ainsi que de nobles gentilshommes Bertrand Lacarelle et Sébastien Lapaque, respectivement éditeur et journaliste, tous deux écrivains de belle renommée. Litanie à quoi s’ajoutent les deux fondateurs du prix, humbles messieurs Enguerrand Guépy et Matthieu Falcone. Après la proclamation de bon aloi, s’en suivirent moult libations et heureuses danses en l’honneur de très noble roi René d’Anjou, comte de Provence, roi de Naples, de Sicile et de Jérusalem.

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