Skip to content

Bruno Beschizza, un symbole du clientélisme dans les banlieues

Par

Publié le

6 mars 2018

Partage

BECHIZZA

[vc_row][vc_column][vc_column_text css= ».vc_custom_1520350805597{margin-right: 25px !important;margin-left: 25px !important;} »]

Bruno Beshizza est maire d’Aulnay-sous-Bois. Ancien policier, l’homme s’est fait élire sur la légitimité d’une noble profession que son clientélisme déshonore aujourd’hui.

 

Cheveux dégagés sur les tempes, nuque bien propre, houppette tendue vers le ciel, regard d’aigle, allure martiale ; Bruno Beschizza a tout du super flic que rien n’effraie, d’un genre que Nicolas Sarkozy appréciait tant. Il appartenait à ce petit groupe trié sur le volet des champions de la République désignés par la droite pour reconquérir les territoires perdus, des hommes forts prêts à passer un coup de Kärcher pour débarrasser le pays de la racaille, comme aimait à le dire l’ancien président de la République. Toujours en première ligne pour défendre ses collègues de la Police nationale, apparemment fidèle à ses premières amours syndicales au sein de Synergie-Officiers, Bruno Beschizza a surpris l’an passé au moment de la désormais célèbre « affaire Théo ».

Qu’est-ce qui a donc bien pu pousser l’ultra-sécuritaire Beschizza à enfoncer ses collègues de la BST (Brigade spécialisée de terrain) ? Dès que l’affaire Théo a commencé à fuiter dans la presse, le maire d’Aulnay-sous-Bois s’est empressé de se porter au secours du jeune Luhaka, au mépris de la présomption d’innocence de ses anciens camarades policiers. Bruno Beschizza n’est plus le même homme depuis 2010, année au cours de laquelle Nicolas Sarkozy l’a débauché pour prendre la tête de la liste de Seine-Saint-Denis aux élections régionales d’Île-de-France, lui offrant aussi le confortable poste de sous-préfet. Le secrétaire général de Synergie-Officiers de 1998 à 2010, prompt à couvrir les « flics » quoi qu’il arrive, y compris les pires, est entre-temps devenu un politicien. Il ne rend donc plus de comptes aux policiers de son syndicat, mais à ses électeurs d’Aulnay-sous-Bois.

 

La racaille lui dit merci

 

Étonnante transformation d’un homme passé de Robocop du sarkozysme finissant à égérie de la bien-pensance. Car Bruno Beschizza a fait mieux que s’attirer les faveurs de la famille Luhaka, et d’une grande partie des quartiers du nord d’Aulnay-sous-Bois, il a réussi à séduire les journalistes, à commencer par L’Express qui écrivait en février 2017 : « Tout de suite, il a trouvé ça bizarre. Appelez cela intuition, pressentiment, ou nez d’un ex-flic qui n’a pas tout oublié des ficelles du métier… Bruno Beschizza a très vite compris les remous qu’allait susciter le cas Théo, avant même que les détails scabreux de l’affaire ne soient connus. » Pareil éloge médiatique valait bien une génuflexion devant le lit d’hôpital de Théo Luhaka, ce « môme bien » venant d’une famille composée de « gens très bien » à en croire le bruit du quartier.

« Des jeunes m’ont adressé des SMS de remerciement », n’a-t-il cessé de répéter sur les plateaux de télévision. Bruno Beschizza cherchait-il alors à être adoubé par le Bondy Blog et Mouloud Achour? L’édile a même pris la peine de tancer le parquet après l’ouverture d’une instruction pour « violences volontaires » et non pour « viol »: « Je ne comprends pas cette requalification, vécue comme un détournement de vérité. Je répète mon soutien plein, entier et total à la famille. » Laquelle famille Luhaka fut même consultée dans le cadre de la rédaction du premier communiqué de presse de la mairie d’Aulnay-sous-Bois ! Sidérante d’opportunisme, l’attitude de Bruno Beschizza va même jusqu’à rappeler certains épisodes de la deuxième saison de Baron Noir, où des maires clientélistes, sortes de féodaux des banlieues populaires capables de toutes les bassesses pour se maintenir en fonction, sont dénoncés en place publique par un jeune député courageux.

 

Lire aussi : Dominique Reynié : c’est le populisme patrimonial qui est en mesure de bouleverser les démocraties

 

Faible devant les forts, impitoyable avec les faibles

 

Les vidéos de surveillance l’ont désormais prouvé, lavant l’honneur des quatre policiers traînés dans la boue par Théo Luhaka, sa famille d’affairistes coupables de détournement de fonds associatifs, la cohorte des artistocrates rescapés de l’ère mitterrandienne, et Bruno Beschizza himself : les policiers ont appliqué les procédures standard pour appréhender un jeune voyou refusant de se soumettre à un contrôle routinier, agressif et physiquement menaçant. On était donc en droit d’attendre de Bruno Beschizza, sinon un acte de contrition, au moins l’expression de regrets sincères. Que nenni. Le maire d’Aulnay-sous-Bois ne s’est pas déjugé, considérant même que son geste de sympathie à l’égard de Théo aurait évité que les cités ne s’embrasent une nouvelle fois.

L’attitude de Bruno Beschizza résume à elle seule la période Sarkozy, faite de rodomontades d’estrades et de coups de menton lancés dans le vide

L’attitude de Bruno Beschizza résume à elle seule la période Sarkozy, faite de rodomontades d’estrades et de coups de menton lancés dans le vide. Les Français n’en peuvent plus de cette politique d’un autre âge, dont l’action se réduit à des compromissions toujours plus visibles, toujours plus gênantes. Ces élus locaux ne servent au fond qu’un seul objectif: ne pas froisser les susceptibilités des vrais maîtres des Zones de Non France, caïds et islamistes. Pis, leur donner des gages, couper les têtes qui les dérangent. Nadia Hamour en a ainsi fait l’amère expérience, sacrifiée sur l’autel du « vivre ensemble », ou plutôt du « vivre avec eux ». Véritable incarnation du mal pour les islamistes qui tiennent le 9-3, Nadia Hamour a commis l’erreur de trop en qualifiant la burqa de « symbole de l’oppression de la femme ». Un crime de lèse-islam de France qui ne pouvait pas rester impuni. Ni une, ni deux, Bruno Beschizza satisfaisait l’Union des associations musulmanes de la Seine-Saint-Denis, à l’origine d’une ignoble campagne de calomnie numérique, en exécutant la gêneuse.

 

Lire aussi : l’impasse de la stratégie anti-FN de Laurent Wauquiez ?

Voyeurisme électoralisme

 

Sous couvert d’anonymat, quelques connaisseurs de la vie politique aulnaysienne ont bien voulu témoigner, toujours effrayés par les pratiques de l’ancien homme fort de l’UMP, discrètement sorti du Conseil national des Républicains en janvier dernier par Laurent Wauquiez : « Bruno Beschizza est totalement vendu aux islamistes, il est inféodé. » Une déclaration sans ambiguïté qui dit le peu d’estime que lui portent certains acteurs de la vie locale. Le parcours professionnel et politique du natif de Montreuil est exemplaire du déclin français, de la perte d’autorité de l’État dans des pans entiers du territoire national. Il est un, parmi d’autres, à avoir baissé le pantalon face à la nouvelle sociologie des banlieues. Disons-le tout net, si l’islamisme et la voyoucratie prospèrent dans notre pays, c’est en grande partie grâce à ces élus locaux complices. La seule particularité de Bruno Beschizza est d’avoir su jouer le rôle du « flic de droite » pour parvenir à ses fins, écrasant au passage sa corporation. Gageons qu’elle saura lui rendre la pareille.

[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

EN KIOSQUE

Soutenez l’incorrect

faites un don et défiscalisez !

En passant par notre partenaire

Credofunding, vous pouvez obtenir une

réduction d’impôts de 66% du montant de

votre don.

Retrouvez l’incorrect sur les réseaux sociaux

Les autres articles recommandés pour vous​

Restez informé, inscrivez-vous à notre Newsletter

Pin It on Pinterest