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Alexandre Pesey : À la droite de Gramsci

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Publié le

18 avril 2018

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PESEY © Benjamin de Diesbach pour L’Incorrect

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Cofondateur de l’Institut de formation politique, Alexandre Pesey se donne pour objectif de former les futures élites de droite. Avec des méthodes venues d’outre-Atlantique.

 

Avec ses airs de jeune cadre dynamique, Alexandre Pesey, 42 ans, pourrait passer pour un parfait macronien. Sa conversation révèle un esprit fin, méthodique, et volontiers caustique.Celui qui se présente comme « un formateur » raconte son parcours avec beaucoup de simplicité. Son goût de l’entreprenariat lui vient de ses parents. Fils d’une agricultrice et d’un chef d’entreprise, il a en effet grandi entre l’Île-de-France et la Sologne, où il a appris ce que le mot « racines » signifie, et ce qu’implique le sens du risque.

Intellectuellement, il se construit à l’image de sa bibliothèque : « par sédiments, par couches successives. » Cette dernière, imposante, laisse entrevoir des auteurs libéraux comme Friedrich Hayek, des souverainistes comme Paul-Marie Coûteaux, ou des conservateurs comme Alain de Benoist. Ces lectures variées le poussent aujourd’hui à promouvoir trois valeurs-clés: la liberté, la responsabilité et le patriotisme. En 1999, à la fin de ses études de droit et de gestion, le jeune étudiant a fait une rencontre décisive : « Au détour d’un cocktail, j’ai fait la connaissance d’un colonel à la retraite qui, voyant mon goût pour la politique, m’a donné ce conseil inattendu : aller, sur les pas d’Alexis de Tocqueville, découvrir la société civile américaine. » Et le voilà parti pour les Amériques.

Direction Washington et les groupes conservateurs américains, comme The Leadership Institute, un institut de formation dont le but est « d’identifier, entraîner, recruter et placer des conservateurs en politique ». Alexandre Pesey s’y initie au mediatraining, à l’action politique et au fundraising. Il parvient à se faire embaucher à CNN, au culot. Parti pour quatre mois aux États-Unis, il y restera un an. Ce séjour américain demeurera marquant pour lui: il y a appris à professionnaliser son engagement, à lui donner cette tournure « start-up » qui deviendra sa marque de fabrique.

Intellectuellement, il se construit à l’image de sa bibliothèque : « par sédiments, par couches successives. » Cette dernière, imposante, laisse entrevoir des auteurs libéraux comme Friedrich Hayek, des souverainistes comme Paul-Marie Coûteaux, ou des conservateurs comme Alain de Benoist.

Quand il en rentre fin 2001, il est décidé à passer à l’action en s’inspirant de ce qu’il a observé et appris au pays de l’Oncle Sam. En 2003, il lance la Bourse Tocqueville. L’objectif est d’emmener chaque année quelques étudiants triés sur le volet découvrir les milieux conservateurs d’outreAtlantique, comme lui-même l’a fait auparavant. Parti de son expérience et du constat qu’il n’y a pas de lieu de formation pour les jeunes de droite désireux de s’engager au service de la Cité et du Bien commun, il crée en 2004, avec deux autres étudiants, Jean Martinez et Thomas Millon, l’Institut de formation politique.

Inspiré à la fois des think-tanks américains où Alexandre Pesey fit ses classes, et des écoles de formation trotskystes et communistes des années 60-70, l’IFP puise sa praxis chez le philosophe marxiste italien Antonio Gramsci: « Je l’ai découvert dans mes lectures, mais je l’ai surtout vu pratiqué aux États-Unis par les lobbies conservateurs », raconte ce disciple atypique. Une découverte et une mise en pratique bien avant que l’auteur italien ne devienne à la mode chez les intellectuels de droite français.

En 2003, il lance la Bourse Tocqueville. L’objectif est d’emmener chaque année quelques étudiants triés sur le volet découvrir les milieux conservateurs d’outreAtlantique, comme lui-même l’a fait auparavant.

Pour Alexandre Pesey, la leçon est retenue : « Nos adversaires seront nos meilleurs maîtres, battons-les sur leur propre terrain. » Dès lors, l’IFP va former, durant des week-ends intensifs, des centaines de jeunes. Certains ont déjà percé dans les milieux politiques, médiatiques, ou associatifs. Comme l’ex-député Marion Maréchal-Le Pen qui, en dépit de sa notoriété, a tenu à y passer, ou la journaliste de Valeurs Actuelles et chroniqueuse sur CNews Charlotte d’Ornellas, ou encore Charles de Meyer, cofondateur de SOS Chrétiens d’Orient.

Pour l’entrepreneur et instructeur politique accompli qu’est désormais Alexandre Pesey, ce n’est que l’annonce de nouveaux défis. Néanmoins, l’élection d’Emmanuel Macron a montré que l’hégémonie culturelle ne produisait pas encore ses résultats. Peu importe, Alexandre Pesey est tenace et patient, dans l’ombre, il continuera à travailler: « La victoire finira bien par être au rendezvous. » Mai 68 a bien fini par connaître son mai 1981.

 

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