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La médaille de la qualité

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Publié le

3 mai 2018

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@DR

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Il n’y a pas qu’aux JO que nos athlètes brillent. Les nombreux salons viticoles et gastronomiques organisés en France sont le moyen de récompenser nos champions agricoles et la qualité des produits des différents terroirs. Or, argent ou bronze, les médailles fleurissent sur les bouteilles, les fromages, les gâteaux…

 

Pour l’amateur, il peut être alors difficile de s’y retrouver. Deux concours méritent une attention particulière : celui des Vignerons indépendants et le Concours général agricole, organisé lors du Salon de l’Agriculture. Y étant juré depuis plusieurs années, je peux témoigner du sérieux de leur organisation et de la forte sélection qui y est pratiquée. Les produits sont d’abord testés en région et seule la moitié des échantillons peuvent monter à Paris pour le concours final. Les Vignerons indépendants ne médaillent que les vins, de toutes les régions de France ; le CGA teste de nombreux produits: vins, charcuteries, fromages, poissons, conserves, bières…

 

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Entre quatre et six jurés sont présents autour de la table : professionnels ou amateurs éclairés. Seule la moitié des produits proposés peut être médaillée, sans obligation. C’est-à-dire que sur douze saucisses de Strasbourg dégustées, on ne peut en médailler que six, mais le panachage des médailles est libre. Il y a quatre ans, sur une appellation viticole qui ne nous avait pas satisfaits, nous n’avions mis qu’une médaille sur les huit possibles. Je n’ai jamais vu de désaccord de fond parmi les jurés, il y a la plupart du temps unanimité pour le classement. Cette année, au CGA, 21 000 échantillons ont été testés, pour 293 tables et 1 500 jurés. Les gagnants ont le droit d’apposer le médaillon de la victoire sur leur produit, qui permet un accroissement certain des ventes.

 

Cette méthode de sélection, anonyme et annuelle, permet de détecter les meilleurs, de les récompenser et de les mettre en avant auprès du grand public. Pour les artisans qui travaillent tout au long de l’année pour assurer la qualité de leurs produits, c’est une ré- compense justifiée qui assure la victoire de cette France de l’excellence. Ces concours, s’ils sont sérieux et bien faits, facilitent l’accès aux artisans méritants pour des consommateurs souvent étourdis face à la multiplicité des choix possibles dans les rayons des supermarchés. Et, de façon générale, le niveau monte. Grâce à la maîtrise phytosanitaire, aux améliorations technologiques dans la conduite de la vigne et de la cave, aux avancées de la chimie, de nombreux petits vignobles qui ne produisaient autrefois que de la piquette sont aujourd’hui capables de produire de bons, voire de grands vins. Le danger est dans l’excès de cette modernisation, qui peut conduire à des vins parfaits, mais sans saveur. On semble en revenir. Mais la hausse de la qualité est indéniable et en remettant leur médaille en jeu tous les ans, ces concours évitent les rentes de situation que certains producteurs ont bâties sur le mythe de quelques noms.

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