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Napoléon le plus étranger des Français

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Publié le

18 juillet 2018

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Qui était-il, ce Corse adoubé comme le plus Français d’entre les Français ? Qui était-il, cet enfant qui, une fois parvenu à l’âge adulte, devint un demi-dieu marchant parmi les hommes ? Napoléon Bonaparte, s’il est le plus connu de tous les grands personnages de l’Histoire de France, et peut- être même du monde, reste un mystère.

 

Charles Maurras lui-même, tout père de l’empirisme organisateur et contre-révolutionnaire qu’il était, ne put s’empêcher d’écrire dans son « Napoléon avec la France ou contre la France » que l’homme était « enivrant », et là d’énumérer ces qualités rares et uniques qui, réunies en un seul individu, forment les mythes : « mémoire immense, génie de l’organisation, esprit critique et psychologue, puissance de travail, étendue et ressort de la volonté, le sujet est inépuisable et, l’épuiserait-on, il resterait le charme, le charme romantique, d’une carrière unique par l’abrupte sauvagerie du point de départ, le vertige de l’apogée, l’éloignement du point de chute ». C’est oublier, toutefois, que Napoléon Bonaparte ne se contenta pas de conquérir ; il administra, puis légua à la France, et bien au-delà à l’Europe et à l’ensemble des colonies, un droit, des institutions judiciaires et des méthodes de gouvernance associant les innovations révolutionnaires aux permanences héritées de l’Antiquité et de l’Ancien régime.

 

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Archéo-futuriste originel, il est notre contemporain le plus proche. Ombre tutélaire et pesante, peut-être nous rappelle t-il notre déclin, notre petitesse présente, notre médiocrité qui nous font sortir d’une Histoire dont il sut, par sa seule individualité agissante et sa force de caractère, forcer les rouages plus qu’aucun autre avant lui, hors les grands prophètes. De l’Asie à l’Afrique en passant par l’Amérique du Nord comme du Sud, l’Empereur inspire encore, « sur le théâtre du monde », l’image classique du héros telle que représentée par Antoine Gros dans la célèbre toile Bonaparte au Pont d’Arcole.

De lui, des esprits mesquins préfèrent malheureusement ne retenir que le négatif, oubliant l’incomparable prestige de l’aventure impériale, sa portée romanesque comme le génie de toute son œuvre militaire. Pour les uns, il aurait saigné la France à blanc pour des raisons purement égoïstes, la rendant plus petite qu’il ne l’avait trouvée. Pour les autres, émules de Christiane Taubira et obsédés de la repentance, il est celui qui rétablit l’esclavage. Partant de là, peut-être faudrait-il déplacer son tombeau de l’hôtel des Invalides ou rayer les mentions à la période impériale des manuels scolaires? L’on aurait alors tout loisir de se pencher plus avant sur la civilisation des Papous ou la mythologie des Aborigènes. Les torturés et les maniaques pourront toujours s’escrimer à expurger les derniers souvenirs de ceux qui ont fait la grandeur de la France ; les mânes des grands ancêtres continueront de les hanter. À jamais.[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

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