Skip to content

Le beau bizarre ou les nouveaux moches

Par

Publié le

28 septembre 2018

Partage

Chris and the queen

[vc_row][vc_column][vc_column_text css= ».vc_custom_1538142096513{margin-right: 25px !important;margin-left: 25px !important;} »]

Vous avez une sale gueule ? La barbe a été créée pour vous. Vous avez un gros cul? Kim Kardashian vous a sauvé. Vous avez un long nez? La frange est pour vous. Vos seins sont peut-être refaits en Tunisie, votre ventre raffermi, vos poils de mouton peuvent être lissés en peu de temps, vos dents blanchies.

 

Nous vivons dans un monde parfait pour les moches. Ils prendront tous leur revanche grâce à Hollywood et aux catwalks. Un mauvais tatouage abolira le hasard. Carpe Diem pour tous, laisserons-nous entrevoir pour une levrette revancharde. On ne saura bientôt plus démêler le vrai du beau faux. D’ailleurs tout le monde s’en fout. La mode se gausse de ses contrefaçons en en faisant un argument marketing – si nous sommes contrefaits c’est que nous sommes leaders.
Parodions la contrefaçon. Avant (quoi? quand ?), la laideur était vécue comme une disgrâce. Il y avait une sorte de pudeur. On était gêné d’exposer, d’offrir en spectacle sa hideur. Les canons esthétiques ont évolué de plus en plus. Opposé au bon goût bourgeois, le mauvais goût est devenu la nouvelle norme. L’inesthétique perturbe et déconstruit les codes. Le moche est devenu un argument marketing. Nous sommes aujourd’hui dans une ère de fusion, le mannequin à sale gueule n’a jamais été autant favorisé. Mi-homme mi-femme, mi-singe, mi-raisin, fruit de tous les métissages – et comme si la différence ne suffisait pas, on ajoute tatouage et piercing. Nous avons de plus en plus de mal à démêler la classe du vulgaire. Il faut que l’élégance soit trash, le beauf est le nouveau cool. Les codes du beau flirtent de plus en plus avec le pourri (de la fille à grosses lunettes aux anoraks de ski). La distinction, les convenances, le respect de certaines règles – pas plus de deux couleurs – sont devenus totalement obsolètes.

 

Lire aussi : Danse avec Rosset

 

Faites de vous une star.

D’ailleurs, un selfie est modifiable à l’infini. On ne sait jamais, si un producteur vous regarde… Naturellement Avant la messe était dite, on savait à peu près faire le tri, aujourd’hui le coup d’œil prendra plus de temps. Une acceptation non hystérique de soi fera la différence. On nous a donné une certaine enveloppe, préservons-la, faisons au mieux pour la mettre simplement en valeur, sans ostentation. Plutôt que de vouloir ressembler à une Barbie pute (le fantasme) à un pneu crevé (la réalité). L’envie de montrer son fric sur sa gueule, ou alors l’amour de l’art contemporain sont tels qu’elle a la volonté de ressembler à un pneu. Les visages refaits ne sont que l’éloge de l’insatisfaction et de l’immense vide de la société d’abondance. Nous paradons dans cette société où tout le monde se lèche le narcissisme, où chacun affirme ses choix, sa connerie, sa petitesse alors qu’il n’y a pas plus beau que l’accident – une dentition bancale, des sillons sur la peau, un corps boiteux. Vous serez beau quand vous ne serez plus ce standard, ce mec vu mille fois, celui qui se met –cyniquement ou naïvement – sur le marché du désir. Vous n’avez pas compris le beau. Vous avez détruit le moche. En attendant, je vous laisse, j’ai mes chevilles à refaire.[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

EN KIOSQUE

Soutenez l’incorrect

faites un don et défiscalisez !

En passant par notre partenaire

Credofunding, vous pouvez obtenir une

réduction d’impôts de 66% du montant de

votre don.

Retrouvez l’incorrect sur les réseaux sociaux

Les autres articles recommandés pour vous​

Restez informé, inscrivez-vous à notre Newsletter

Pin It on Pinterest