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Que ce soit devant un parterre de juristes, de parlementaires ou de simples citoyens, Aude Mirkovic rend espoir à son auditoire depuis cinq ans. Entre conférences, séances de dédicaces et rencontres avec les élus, elle est le visage souriant de la lutte contre la PMA (procréation médicalement assistée) et la GPA (gestation pour autrui).
Lors du Salon du livre 2018, tout sourire, Aude Mirkovic pose avec son livre « La PMA, un enjeu de société » en compagnie de Marlène Schiappa. Quelques heures plus tard, la secrétaire d’État chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes était sommée de se justifier de cette photo devant les procureurs de Twitter. Nul ne sait quelle tête elle fit en découvrant qu’elle avait posé avec une opposante à la PMA. Une chose est sûre, en consultant son écran au même moment, Aude Mirkovic s’est fendue d’un sourire canaille. Depuis 2013, l’opposition au progressisme se matérialise par une guérilla des images.
Fille d’officier de marine, Aude Mirkovic entre en droit, en province d’abord puis à Assas, dans le but de rejoindre une école de journalisme. Elle ne quittera plus l’université. Après un DEA en droit privé, se destinant à l’enseignement, elle soutient sa thèse, « La personne humaine : étude visant à clarifier la situation en droit de l’enfant à naître », en 2001 devant un jury qui, bien que loin d’être acquis à sa cause, lui accorde néanmoins ses félicitations et la mention très honorable. Elle en garde une conviction : il est toujours possible de défendre ses idées face à ses détracteurs, en se départant de ses postures militantes et en construisant et travaillant ses arguments.
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Si le raz-de-marée LMPT l’a projetée sur le devant de la scène, l’engagement « pour la vie » d’Aude Mirkovic ne date pas d’hier. Il commence avec une longue période d’enseignement et de recherche universitaires sur le thème de la défense de la vie. Dans un contexte de révision des lois de bioéthique (2004, 2011), le jeune maître de conférences commence à faire du lobbying auprès des décideurs et des parlementaires. Ce travail de « rat de bibliothèque », ce monde particulier des juristes, lui convient parfaitement et l’aide à structurer sa pensée, en se confrontant sans relâche aux arguments des positivistes. Toujours comme juriste et comme chercheuse, puisque « dans un contexte de relativisme général, la seule norme commune, c’est le droit ». Il faut parfois savoir jouer avec les règles du jeu pour espérer les changer.
Il est toujours possible de défendre ses idées face à ses détracteurs, en se départant de ses postures militantes et en construisant et travaillant ses arguments.
C’est en 2013, avec le projet de loi du « mariage pour tous » que l’éditeur Téqui lui propose de rédiger un ouvrage à destination du grand public : « Mariage des personnes de même sexe, la controverse juridique », qui la fait passer sur le devant de la scène. La juriste, habituée aux publications spécialisées et aux entretiens confidentiels entre spécialistes, devient une des figures du mouvement de résistance au mariage pour tous et aux atteintes à la filiation. À vrai dire, elle n’a pas hésité longtemps à plonger dans le grand bain : devant les changements civilisationnels que la science et le droit s’apprêtent à permettre, « elle ne pouvait pas rester les bras ballants à regarder la société bidouiller des enfants ». Alors, Aude Mirkovic s’engage. Et tandis que l’agenda juridique s’emballe – mariage pour tous, PMA pour tous, bientôt GPA – l’association Juristes pour l’enfance dont elle est le porte-parole, se bat sur un double front: d’une part, elle oppose des arguments éclairés à une campagne de promotion médiatique formidablement bien huilée, comme l’a récemment montré la couverture de Paris-Match mettant en scène Marc Olivier Fogiel, son compagnon, et les deux petites filles qu’ils ont achetées par GPA. D’autre part, Juristes pour l’enfance cherche à intenter des recours contre les juges qui, par veulerie ou par idéologie, refusent d’appliquer le droit français en matière de protection de l’enfance. Idem vis-à-vis de ceux qui ferment les yeux sur les GPA réalisées à l’étranger ou qui laissent les sociétés spécialisées faire de la réclame sur le marché français (ce thème lui a d’ailleurs inspiré son premier roman En rouge et noir, aux éditions Scholae).
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Le désir d’enfants, cette mère de trois ados, mariée depuis 22 ans le connaît. Et c’est précisément pour éviter que le droit à l’enfant se substitue aux droits de l’enfant qu’elle se bat depuis toutes ces années. Pour laisser à ses enfants un monde où les liens naturels ne sont ni dénaturés, ni marchandisés. Par le droit, mais avec le cœur. À ce stade, ça n’est plus la femme de droit qui parle, mais bien la dame de cœur.
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