[vc_row][vc_column][vc_column_text]
[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row][vc_row][vc_column][vc_column_text css= ».vc_custom_1546041476849{margin-right: 25px !important;margin-left: 25px !important;} »]Les grandes questions de L’Incorrect. Était-il de bon sens de larguer autant de bombes pour achever la Seconde guerre mondiale ? Les Américains, qui ont mis fin à la guerre en bombardant Hiroshima et Nagasaki, répondraient oui sans barguigner.
Bien que Churchill ait douté du bien-fondé du bombardement de Dresde – quelques semaines après qu’il eut lieu – la RAF tient la première place sur le podium des bombardements, pour le plus grand plaisir des Soviétiques, qui s’étaient fait une spécialité des attaques au sol – le viol systématique des femmes y compris, en témoignent les deux millions de victimes allemandes (100000 à la « libération » de Berlin). Mais le bon sens est-il de mise en période de guerre ?


Bombes larguées. Histoire d’un équipage de bombardier, John Steinbeck, Les Belles Lettres, Mémoires de Guerre, 236 p. – 23 €
Berlin finale, Heinz Rein, Belfond Vintage, 880 p. – 23 €
OUI. CELA OFFRE DES TÉMOIGNAGES INTÉRESSANTS
Vue du ciel ou de la terre, une bombe n’a pas la même allure, pas précisément la même portée, la note qu’elle chante sonne différemment. Placer les deux livres inédits en France que sont Berlin Finale et Bombes larguées en regard l’un de l’autre présente un intérêt historique, plus que littéraire. Bombes larguées, que John Steinbeck publia à l’invitation de son gouvernement, vingt ans avant de recevoir le prix Nobel, est un livre de propagande du plus grand intérêt historique. Le roman de Heinz Rein, qui connut un large succès populaire lors de sa publication en Allemagne en 1947, n’est pas du plus beau style germanique, mais c’est un bon feuilleton journalistique dont l’intrigue, malgré quelques grosses ficelles, nous emporte, et qui a la grande qualité de dévoiler les derniers jours du IIIe Reich vécus de l’intérieur par une poignée de Berlinois et de montrer l’horreur du nazisme en Allemagne même.
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OUI. C’EST UNE BONNE EXCUSE POUR EMBRIGADER DES ÉCRIVAINS DE TALENT
L’essayiste et journaliste Fritz J. Raddatz a écrit au sujet de Berlin Finale, « nous tenons entre nos mains un témoignage historique absolument unique », et c’est juste, il est possible de le lire ainsi, car si les personnages du roman sont inventés par l’auteur (sans quoi leur psychologie serait un peu plus complexe et leurs propos moins manichéens), de nombreux communiqués émanant de la propagande du Reich, qui jalonnent le récit, et les faits historiques qui donnent son cadre à l’intrigue, sont rigoureusement exacts.
Vraiment, ces bombardiers étaient promis à un avenir bien plus immense que celui que semblait entrevoir Steinbeck, dont la naïveté a quelque chose de touchant.
C’est l’aspect historique et documentaire qui intéresse dans ce long roman, et de même dans le livre de Steinbeck, qui a été écrit après que l’auteur a effectué un reportage de plusieurs semaines au sein des unités de l’Armée de l’air américaine. L’aspect propagandiste du manuel de Steinbeck, s’il est flagrant dans certaines pages et contenu dans le projet même du livre, doit se voir comme la contribution d’un écrivain patriote à l’effort de guerre. Peut-on le lui reprocher ? Tout le monde ne peut s’enorgueillir de disposer d’un écrivain de telle stature pour produire un livre aux allures de brochure qui serait distribué dans tout le pays afin de galvaniser les potentielles recrues et d’expliquer à chacune son rôle et sa mission.
NON. LA PROPAGANDE ABÊTIT LES PLUS GRANDS
Hemingway aurait dit qu’il « préférerait qu’on lui coupe trois doigts de sa main droite » plutôt que d’écrire un livre tel que Bombes larguées. L’ironie grinçante du livre de Steinbeck (et qui se dévoile aujourd’hui malgré lui) réside dans l’arme qui est louée et mise en avant, dans cette chose terrible qui semble avoir dépassé l’imagination du romancier qui s’emploie à louer des grands avions de guerre, dont la destinée fatale nous est à présent connue et dont le livre d’Heinz Rein est la réponse. Berlin, Dresde, Hambourg ont été bombardées de fond en comble des jours ou des semaines durant, brûlant pour certains sous les bombes incendiaires, les bombes au phosphore, en attendant la bombe atomique. Vraiment, ces bombardiers étaient promis à un avenir bien plus immense que celui que semblait entrevoir Steinbeck, dont la naïveté a quelque chose de touchant.
NON. IL Y A DE L’EXAGÉRATION DANS LES RAVAGES
Il semble que l’écrivain américain n’ait pas tout à fait prévu quelle forme de destruction massive allaient entreprendre les bombardiers américains dont il chante les louanges et la perfection technique. Sans même évoquer la Corée ou le Vietnam, il n’est qu’à lire Berlin Finale pour prendre la mesure des ravages que causeront les bombardements alliés. Ou encore les Notes d’Hiroshima du Nobel Kenzaburô Ôe pour être dégoûté à jamais de l’efficacité criminelle de la bombe atomique et de la propagande américaine qui – sur ce point – n’a rien à envier à celle de Goebbels.[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row][vc_row][vc_column][vc_column_text][/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]





