Skip to content

Le mythe d’al-Andalus

Par

Publié le

16 janvier 2019

Partage

Dossier-Al-Andalous2

En 2013, le New York Times érigeait Roubaix en « modèle pour les autres villes françaises ». Si les exemples contemporains de cohabitation avec l’islam peinent à convaincre, l’histoire travestie d’al-Andalus est régulièrement mobilisée en contrepoint.

 

Al-Andalus désigne ce qui, dans la péninsule ibérique, était sous domination musulmane, entre 711 et 1492. Le mythe d’al-Andalus, c’est d’abord l’idée d’une coexistence harmonieuse entre chrétiens, juifs et musulmans, dans un climat de tolérance appelée « convivencia ».

 

C’est ensuite l’idée d’un niveau de civilisation exceptionnel, qui tranche avec le passé préislamique – hispano-romain et hispano-wisigothique – présenté comme un désert culturel, quand bien même il aurait vu la naissance de Sénèque, de l’empereur Trajan, du poète Martial ou d’Isidore de Séville, et avec l’après Reconquista, qui mettrait un terme à cet âge d’or, les rois catholiques amenant avec eux le fanatisme et l’Inquisition.

 

Les origines du mythe

 

Les raisons qui ont permis le développement du mythe sont multiples. Ainsi, au XIXe siècle, les juifs européens, émancipés mais encore sous le coup de diverses restrictions, ont cherché à faire honte aux chrétiens en leur opposant l’exemple de la tolérance islamique médiévale. À la même époque, le mouvement regénérationniste attribuait à la Reconquista une bonne part des maux de l’Espagne.

 

Lire aussi : L’islam à l’épreuve de la critique historique

 

Plus récemment, le mythe doit son succès à la tendance à l’autoflagellation et au masochisme des Espagnols, à la volonté de la Junte d’Andalousie de s’inventer une identité exclusive servant ses intérêts politiques et masquant les graves problèmes socio-économiques de la région ; et les associations comme la Ligue arabe, qui subventionnent tout ce qui présente le visage rassurant d’un « islam des Lumières » dans un contexte d’immigration vers l’Europe, alimentant par là même chez les exaltés le rêve d’une contre-Reconquête.

 

Le mythe d’al-Andalus ne résiste pas à l’épreuve des faits. L’Hispanie musulmane est le résultat d’une invasion, que certains se plaisent à présenter comme une simple migration désirée par les autochtones, en fait menée au nom du djihad.

 

La coexistence a très tôt été impossible, en témoignent les massacres répétés ou les déportations massives vers le nord de l’Afrique.

 

En fait de tolérance, concept aussi anachronique que celui de liberté de conscience, les conquérants arabo-musulmans ont dû trouver une solution au problème de la disproportion écrasante entre leur nombre (30 000 à 50 000) et celui des conquis (4 à 5 millions) : plutôt que de procéder à une dépopulation, il leur était plus profitable de mettre en place un système juridique leur assurant la conservation de leur pouvoir et de leur identité, en favorisant la conversion à l’islam.

 

Pour ceux qui la refusaient, le statut de dhimmi et son cortège de discriminations s’imposaient. La coexistence a très tôt été impossible, en témoignent les massacres répétés ou les déportations massives vers le nord de l’Afrique. Les juifs connaissent également pogroms et vexations, parmi lesquelles le port d’une ceinture jaune.

 

Lire aussi : L’édito de Jacques de Guillebon : Face à face

 

Le sort des femmes n’est guère plus enviable : avec un statut d’éternelles mineures, elles « semblent exclusivement destinées à donner naissance et à donner le sein aux enfants », et « leur vie passe comme celle des plantes », selon Averroès, faux humaniste. Elles connaissent notamment les joies de l’excision et de la lapidation. En définitive, al-Andalus ne se distingue pas fondamentalement des autres régions sous domination islamique.

 

 

CHRÉTIENS, JUIFS ET MUSULMANS DANS AL-ANDALUS : MYTHES ET RÉALITÉS Dario Fernandez-Morera, Jean-Cyrille Godefroy, 368 p. – 24 € 

 

EN KIOSQUE

Soutenez l’incorrect

faites un don et défiscalisez !

En passant par notre partenaire

Credofunding, vous pouvez obtenir une

réduction d’impôts de 66% du montant de

votre don.

Retrouvez l’incorrect sur les réseaux sociaux

Les autres articles recommandés pour vous​

Restez informé, inscrivez-vous à notre Newsletter

Pin It on Pinterest