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Halal : une partition qui ne dit pas son nom

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Publié le

23 janvier 2019

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halal

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Le business du halal aurait rapporté plus de 7 milliards d’euros en France en 2017, selon Bernard Boutboul, directeur du cabinet Gira Conseil. Ce marché ne concerne plus uniquement le commerce de la viande mais s’est étendu à de nombreux autres domaines juteux : voyages, supermarchés, cosmétiques et même la finance dite islamique.

 

Halal signifie « licite ». À travers les siècles, de nombreux juristes musulmans se sont intéressés à la distinction du licite et de l’illicite, mais c’est dans les années 1980 que sont nés les premiers labels « halal ». Dans son essai Marché du Halal ou l’invention d’une tradition, Florence Bergeaud-Blackler affirme que le marché du halal est né de la rencontre d’une perception rigoriste de l’islam et du néolibéralisme, le premier codifiant un modus operandi de l’abattage des bêtes et le second développant ce marché doté d’un véritable potentiel économique.

 

Tout le monde mange halal sans le savoir et paie une taxe qui finance l’islam.

 

Halal et libéralisme

 

Du halal autorisé, on est vite passé au halal imposé. En 2017, un sondage IFOP/Institut Montaigne affirme que 70 % des musulmans de France ne consomment que de la viande halal. Dans certains rayons, le consommateur n’a pas le choix et ne trouve que du halal. Parfois, il mange de la viande halal sans le savoir puisque « pour des raisons économiques, certains abatteurs ovins et bovins misent sur la logique de complémentarité entre circuits de distribution musulmans et non-musulmans : ils abattent les animaux selon le rite puis vendent les avants et les abats aux boucheries musulmanes tandis que les morceaux arrières sont destinés aux non-musulmans. Pour cette raison, la production halal dépasse assez largement la consommation halal estimée », expliquait le ministère de l’Agriculture en 2012. Si bien que tout le monde mange de la viande halal sans le savoir et paie une taxe qui finance l’islam.

 

 

« L’extension du domaine du halal » (Gilles Kepel)

 

Mais le halal ne se limite pas à la viande. Il devient aujourd’hui un véritable marqueur identitaire qui touche voyages, hôtels, cosmétiques, supermarchés (le Hal’Shop 100 % halal à Nanterre) voire la finance (comme NoorAssur, start-up de finance halal). Cette multiplication des produits certifiés pose un problème car il n’y a aucune définition législative du halal, la certification étant aujourd’hui principalement entre les mains des mosquées de Paris, Lyon et Évry, ainsi que de l’association AVS, proche des Frères musulmans.

 

Les grandes surfaces et les organismes de certification ont largement profité de cet essor du marché halal. Cependant, comme marqueur communautaire, le halal constitue un frein à l’intégration. Cette nouvelle génération 100 % muslim est désormais en rupture avec les générations qui l’ont précédée, qui se contentaient d’éviter l’alcool et le porc.

 

 

Pour remédier à ce problème et en vue de la constitution d’un « islam de France », certains acteurs politiques souhaitent voir l’instauration d’une taxe sur les produits halal qui pourrait financer le culte musulman. Mais l’État redoute et évite ce sujet épineux, déjà envisagé par Charles Pasqua en son temps.

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