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[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row][vc_row][/vc_row][vc_column][vc_column_text css= ».vc_custom_1550790279458{margin-right: 25px !important;margin-left: 25px !important;} »]« L’amour espère tout, et son espérance n’est jamais confondue ». Kierkegaard, Éphémérides théologiques de Louvain / « Si peu qu’il représente d’espérance, ne gâchons pas Dieu ». Montherlant / « Il n’y a pas de plus haute espérance que le désespoir surmonté ». Bernanos
Quoi de plus beau en des temps troublés, que de parler d’espérance ? Des gilets jaunes à toutes les formes d’insurrection, celle que nous choisissons ira vers la sainteté et les promesses de résurrection. Le reste, on laisse ça au temps médiatique (BFM en boucle dans le salon, Le Monde sur la table de la cuisine). La rue a des airs d’émission de télé. Une espèce de villa des cœurs brisés, où le cœur deviendrait le portefeuille. Tout le monde depuis un gros mois fait des blagues sur les ronds-points.
Les gilets investissent le territoire
Les choses ne semblent pas bien claires – on commence à manifester contre la hausse du carburant. C’est la goutte de Diesel qui fait déborder le vase. Les choses s’emballent. Tout le monde parle. Tout le monde a un truc à revendiquer. On retrouve la ville, les gestes, le graffiti. On retrouve les autres. Chaque samedi. On fait lien. L’espérance est là. On savait les nations mortelles. Et on attendait l’aventure. L’espérance est collective. Elle est notre rapport au temps et à la possibilité. Autrui doit espérer aussi et la possibilité vivra. Le reste, on s’en fout.
« Les gens de droite sont toujours aigres.
Ceux de gauche ont une espérance imbécile.
Reste les frivoles ». (Chardonne, 2 mai 1961)
« Ne pleurez pas comme ceux qui n’ont pas d’espérance ». Saint Paul
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L’espérance semble être le dernier sentiment qui fait entrevoir comme probable la réalisation de ce que l’on désire. Une force de conservation effroyable. L’une des trois vertus théologales (avec la foi et la charité) qui nous porte à penser que nous serons sauvés en obtenant la grâce « win à Super Mario vs Un livre dont vous êtes le héros ». Sans l’espérance, il n’y a plus rien. Elle suppose la patience et la confiance en l’avenir. Elle nourrit les aspirations, les désirs et les perspectives. Une attente du bien.
On nous a appris à nous passer de tout, que consommer était la seule issue. On a préféré salir le monde plutôt que le sauver. Et nous sommes tous des romantiques allemands.
Tout cela ne pouvant exister qu’en Dieu – que nous espérons posséder. À l’inverse, les romantiques dénonçaient la fragilité et le caractère trompeur des espérances au profit de la mélancolie et encensaient la posture du désespéré : la complainte sera toujours plus facile : « et si je suis désespéré que voulez-vous que j’y fasse ? »
Le XVIIIe abandonne la chrétienté pour une autonomie sans précédent : nous voilà seuls. Et quel est le pire face-à-face que celui de soi à soi ? Cette fatalité est folle et ouvre la porte à tous les stratagèmes de contournement (Tinder-jemefaisrefairelagueule-jevacuelintimechezunpsy), de corruption, de substituts (de l’alcool à…). On nous a appris à nous passer de tout, que consommer était la seule issue. On a préféré salir le monde plutôt que le sauver. Et nous sommes tous des romantiques allemands. Nous remettons sans cesse les choses en question : Dieu, donc l’homme, donc tout.
Les élites qui conspuent le complotisme du peuple n’en sont-elles pas elles-mêmes la cause, voire le jumeau, quand elles se laissent aller à des délires interprétatifs ? Le traitement des #giletjaune est à ce titre exemplaire.
par @grazianijulie https://t.co/SPS2zkDGjf— L'Incorrect (@MagLincorrect) February 13, 2019
S’il n’y a plus d’âme, il reste l’action, et donc les ambitions démesurées : gagner plus que son voisin, avoir un poste qui donne envie de me baiser, avoir une bagnole plus grosse que ma queue. Bon. Il y aura toujours ceux qui verront dans l’espérance un leurre « nous sommes tous des agnostiques » et ceux qui y trouveront le propre de la vie. L’espérance est un risque ; le sacré se mérite sûrement. Il faut faire de l’existence un moment supportable. Restons des obsédés de l’insaisissable.
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