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Éloge du mâle blanc

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Publié le

5 avril 2019

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Je suis comme Yann Moix, attirée par un seul type. Mais ce n’est pas la jeune asiatique. C’est le mâle, blanc, hétéro, en particulier le Français, blond aux yeux bleus, avec une appétence aussi pour le châtain aux yeux verts, tant qu’il a un beau nez. Grand et mince, encore mieux dégingandé, comme Saint Louis, oui celui-là c’est mon préféré.

 

Pas trop jeune mais plutôt vieux car, oui Messieurs, vous avez la grâce de bien vieillir et d’être mûrs à la quarantaine bien tassée. L’homme je l’aime blanc, tout blanc, comme un Gaulois qui ne peut pas bronzer. Avec une peau diaphane et des cheveux lisses, reflétant la lumière sans l’absorber.

 

Lire aussi : L’éditorial de Jacques de Guillebon

 

Français, mon cher compatriote et la moitié de mon sang, je t’aime comme tu es. Poli et bien élevé. Qui me tient la porte à l’entrée de la librairie, me donne du « Madame je vous en prie », me parle de Montaigne et de La Boétie. Je t’aime en France dans la campagne où je n’ai connu que toi, où tu ne m’as jamais traitée de « carloucha », où tu n’insistes pas quand je dis « non », où tu m’élevas très haut, rejouant les Suppliantes d’Eschyles et où toujours je fus en sécurité, sans un seul contrôle d’identité.

Je t’aime courtois, déclamant des vers de Lamartine. Je t’aime grivois comme Ronsard, je t’aime gaulois comme une chanson paillarde un soir de saint-Jean aviné.

 

Je t’aime quand tu résistes à l’envahisseur mongol, anglais, allemand et mahométan, quand tu te fais Charles Martel ou Jeanne d’Arc.

 

Je t’aime lorsque tu portes un beau costume en lieu et place d’un survèt. Je t’aime quand tu n’essaies pas de me sodomiser à New-York dans un sofitel. Je t’aime quand tu es fier d’être toi-même, fidèle au baptême de Clovis qui te vit naître, fidèle à notre histoire à nulle autre pareille, à la France éternelle, à notre culture si belle.

Je t’aime car tu n’essaies pas de m’égorger, ni de me tirer deux balles dans le dos quand je porte un uniforme. Je t’aime quand tu résistes à l’envahisseur mongol, anglais, allemand et mahométan, quand tu te fais Charles Martel ou Jeanne d’Arc. Je t’aime lorsque tu héberges Saint Thomas d’Aquin et Joséphine Baker, quand tu fais s’épanouir Alexandre Dumas et Félix Éboué, la comtesse de Ségur et même Victor Hugo, adultère réputé. Je t’aime pour Léonard de Vinci et par-dessus tout pour Georges Brassens.

 

Lire aussi : Moix : Faites ce que je dis, pas ce que je fais ! 

 

Je t’aime beaucoup moins quand tu t’appelles Brandon, que tu ânonnes difficilement une fable de La Fontaine et que tu es acquis aux Lumières voltairiennes. Quand tu acceptes des camps de racisés américanisés et contreviens à l’ordre naturel, quand tu te hais toi-même avant de haïr Dieu, Celui qui nous fit et Celui qui l’a faite elle : la France, celle sous le ciel de qui seule je respire bien. Comme Marc Bloch à qui j’emprunte ces derniers mots, même si un jour tu ne m’aimes plus, je t’aimerais toujours.

Même si tu ne l’aimes plus elle non plus, je l’aimerais toujours. Je voudrais seulement que tu te souviennes de qui nous sommes et pourquoi nous sommes faits. Tu existes, mâle blanc français, pour que je t’aime et si tu n’existais pas je serais malheureuse comme les pierres, sans personne à qui parler, sans personne à aimer, sans personne qui me fasse vibrer.

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