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Le compte n’est pas bon dans le « neuf trois »

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Publié le

15 avril 2019

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© Nicolas Pinet pour L’Incorrect

Officiellement, les Séquano-Dionysiens sont 1,6 million. En réalité, sans doute plus de 2 millions. Voire plus. Neuf et trois ne font plus douze.

 

 

Le 31 mai 2018, François Cornut-Gentille, député LR de la Haute-Marne depuis un quart de siècle, homme pondéré s’il en est – il était juppéiste – et Rodrigue Kokouendo, natif de Bangui, en République centrafricaine, issu du Parti socialiste et député macroniste de Seine-et-Marne, rendent un rapport d’information consacré à « l’évaluation de l’action de l’état dans l’exercice de ses missions régaliennes en Seine-Saint-Denis ».

 

Les mauvais esprits diraient qu’une pile de feuilles blanches aurait pu suffire à décrire l’exercice des « missions régaliennes » de l’état dans le « neuf trois », mais les députés ont produit un document de 73 pages, sérieux et édifiant.

 

La mission d’information conduite par les deux parlementaires a recueilli les témoignages et avis d’environ 120 personnes : élus, démographes, policiers, professeurs, responsables d’administrations, dirigeants associatifs, etc.  Après quoi Cornut-Gentille et Kokouendo ont été reçus par le premier ministre. Il les a écoutés poliment.

 

Lire aussi : Le paradigme progressiste

 

C’est pour éviter que ce rapport ne soit enterré que, le 5 février, Cornut- Gentille a tenu à revenir sur le sujet à la tribune de l’Assemblée dans le cadre des semaines de contrôle de l’action gouvernementale :

 

« M. Kokouendo et moi-même avons été sidérés d’apprendre que l’on ne peut pas évaluer le nombre d’habitants de la Seine-Saint-Denis à 10 %, à 20 %, voire à 30 % près. Si, dans le rapport, je ne suis pas allé au-delà de ce taux, c’est afin d’éviter de passer pour un fou, mais des gens très sérieux, qui, madame et messieurs les ministres, monsieur le secrétaire d’État, travaillent dans vos administrations, et dont je n’ai pas voulu révéler le nom, ont avancé des chiffres beaucoup plus inquiétants ».

 

Cornut-Gentille avait-il fumé la moquette ? Ce n’est pas le genre du neveu d’un ministre du général de Gaulle. Dans leur rapport, les deux députés avaient déjà été très clairs : « Dès les premières auditions, les rapporteurs ont perçu l’incapacité des différentes administrations à s’entendre sur un chiffre central de l’action publique : le nombre d’habitants résidant en Seine-Saint-Denis ».

 

« Dès les premières auditions, les rapporteurs ont perçu l’incapacité des différentes administrations à s’entendre sur un chiffre central de l’action publique : le nombre d’habitants résidant en Seine-Saint-Denis »

 

Et pourquoi donc ? À cause de l’immigration. « Selon les estimations publiées par l’Insee, expliquaient-ils, la Seine-Saint-Denis compte 1 646 105 habitants au 1er janvier 2018. Parmi ces derniers, on dénombre plusieurs centaines de milliers de personnes de nationalité étrangère en situation régulière (en 2014, 423 879) », soit un quart de la population.

 

Le problème – enfin, l’autre problème – c’est que le nombre de clandestins est sous-évalué. Un peu. Beaucoup. Enormément. À la folie.

 

400 000 personnes hors radar

 

« La seule certitude, écrivaient les deux députés, est l’incertitude dans laquelle l’État est plongé concernant le chiffre d’étrangers en situation irrégulière en Seine-Saint-Denis ». Le chiffre officiel, « donné par le directeur de l’immigration du ministère de l’Intérieur », était jugé « crédible » … avec « une marge d’erreur de 33 % » !

 

À l’Assemblée, Rodrigue Kokouendo a précisé : « Le préfet estime entre 150 000 à 200 000 le nombre de personnes en situation irrégulière, alors que beaucoup de nos interlocuteurs ont fait état de jusqu’à 400 000 personnes hors radars, évaluation sans doute plus proche de la réalité » !

 

Pour toute réponse, Julien Denormandie, ministre chargé de la Ville, a concédé : « Il s’agit donc d’un sujet sur lequel nous devons travailler… » Si les données statistiques de la Seine-Saint-Denis sont fausses – et on imagine qu’elles ne sont pas les seules – toutes les données nationales le sont aussi : le chiffre de la population de la France est faux, le produit intérieur brut est faux, le PIB par habitant est faux, etc.

 

Le chiffre de la population de la France est faux, le produit intérieur brut est faux, le PIB par habitant est faux, etc.

 

Bref, toute la politique publique, toute la politique économique reposent sur des données erronées. Comme si Christophe Castaner, en plus de livrer des chiffres bidons des manifestations, était le ministre de la Statistique.

 

Et que tout le monde s’alignait sur ses données pour décider quelle politique mener. Au fait, la diffusion de chiffres erronés, ça entre dans la définition des « fake news » ?

 

Bruno Larebière

 

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