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Vive les gros saints, épisode 3 : Saint Stanislas

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Publié le

1 mai 2019

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Stanislaw de Szczepanowski (1030-1079 Cracovie), fêté le 11 avril ou le 7 juin selon les rites, n’a pas eu une putain de vie de merde qui lui vaut d’être saint, si ce n’est à la fin.

 

Issu de parents nobles et pieux, Stanislas leur est confié comme Isaac à Abraham et Sarah. Au bout de trente années d’un mariage stérile, à force de prières et de pèlerinages, Wielislaw et Bogna qui vivent dans le sud de la Pologne dans un patelin au nom imprononçable, donnent naissance à leur fils unique. Aimé et choyé comme un trésor à nul autre pareil, Stanislas, entouré de ses parents, reçoit une éducation solide ainsi qu’une foi profonde.

 

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Gentil et fou amoureux du Seigneur, il désire devenir moine. Après des études de droit canonique et de théologie à Gniezno et Cracovie, Stanislas poursuit sa formation à Paris chez les Bénédictins durant sept années. Parvenu à l’âge adulte, héritant du patrimoine familial, il distribue tout aux pauvres avant de se retirer au monastère. Sa réputation de piété et de sainteté de vie parvient aux oreilles de l’évêque de Cracovie, Lambert, qui l’appelle auprès de lui comme chanoine afin de prêcher l’Évangile dans cette Pologne où l’Église romaine a moins d’un siècle. Stanislas accepte de bon cœur, tout à sa joie de servir le Seigneur. Il convertit les foules, les embrase. Très charitable avec les pauvres, vivant dans la vérité évangélique, Stanislas est une ode à la sainteté de Dieu.

 

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Il est très catholique, très chrétien et très semblable au Christ. En 1072, il succède comme évêque de Cracovie à Lambert par acclamation populaire. Il fait des miracles de conversion et de résurrection. Tout se passe plutôt bien. Jusqu’à ce que le roi de Pologne, Boleslas II dit « le Généreux » ou « le Cruel » – là c’est comme vous voulez, c’est une façon de voir les choses – soit réprimandé par l’évêque pour sa conduite scandaleuse. Boleslas le Cruel disons, est un roi lambda d’un pays barbare arriéré au fin fond de l’Europe centrale, il a des mœurs pas très catholiques.

Stanislas, qui lui est vraiment très catholique, pas le genre d’évêque à faire des filsdeputeries au nom du Seigneur, se permet de reprendre plusieurs fois le roi, débauché notoire, et de l’inviter à faire pénitence afin d’expier ses fautes, laver ses péchés mortels pour éviter l’Enfer auquel sa conduite le condamne. Boleslas, pas catholique du tout, s’en bat la race et persiste en sa qualité de pécheur public, de forcené du vice et de la terreur. Stanislas, toujours très catholique et toujours très gentil, veut absolument sauver l’âme de ce pauvre Boleslas qui se damne jour après jour. Faute de pouvoir lui faire entendre raison, il excommunie le roi en dernier recours.

 

Un saint en chair et en os

 

Stanislas, témoin de la foi reçue des apôtres, meurt en martyr comme de juste. Pas comme certains évêques qui serrent la main des hommes politiques pas très catholiques et qu’ils devraient, comme Stanislas, plutôt excommunier. Enfin, s’ils avaient des couilles. Ou la foi. Excommunier des adultères, voleurs, corrompus et prévaricateurs, des catholiques qui ont apostasié en maints sujets… Alors que le pieux évêque célèbre le très Saint sacrifice de la Sainte Messe en l’église saintMichel-Archange de Cracovie, au moment même où il élève le Saint calice du précieux sang, Boleslas, barbare non-catholique, débaroule une hache à la main et égorge le saint martyr de Dieu sur Son autel, mêlant leur sang à tous deux dans la même coupe.

Cria-t-il « arrière Satan » aussi? Nul ne le dit. Non content d’avoir immolé l’agneau sans tache dans le Saint des Saints, voilà Boleslas qui se met à débiter le sacrifice façon garçon-boucher, à la légionnaire mais sans tablier, au milieu de l’église. Voulant parfaire l’holocauste par une damnatio memoriae, Boleslas répand l’innocente victime dans un champ alentour, la destinant aux charognes. Dieu, dans Sa miséricorde, ne laisse pas la corruption attenter au précieux corps. Il dépêche des aigles afin de garder les morceaux de chair jusqu’à ce qu’à la nuit tombée, illuminés par Lui, les prêtres viennent récupérer les pièces du Saint.

 

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Par miracle, de dépecé qu’il était, Stanislas reprit forme humaine, chaque membre à sa place et pas un os ne fut brisé. Par l’intercession au Ciel de Stanislas, Boleslas le Cruel se convertit. Eh oui. Patron de la Pologne, canonisé en 1253, Stanislas nous assure que les barbares non-catholiques parfois sont cruels.

 

Élodie Perolini

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