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Athéna racisée

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Publié le

28 mai 2019

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Dans son dernier livre, Athéna à la borne, Thibault Mercier nous donne une alternative entre discriminer ou disparaître. 

 

Avec courage, mais aussi pondération, l’avocat Thibault Mercier en appelle au sens commun pour remettre en cause la loi Pleven de 1972, véritable pierre angulaire des politiques contemporaines favorisant le multiculturalisme et les revendications « identitaires ».

Au premier abord, il pourrait sembler que l’Assemblée nationale (alors dominée par les gaullistes de l’UDR) ait tout simplement traduit dans le droit français une convention internationale, élaborée par les Nations-unies pour lutter contre les « discriminations raciales ».

Difficile de trouver à y redire, qui plus est dans le contexte de l’époque, marqué par la lutte pour les droits civiques aux États-Unis. Mais la réalité est quelque peu différente : loin de se limiter aux critères de race, d’ethnie ou de religion comme le faisait l’ONU, la loi de 1972 supprima simplement le critère de nationalité.

La République cessait dès lors d’être essentiellement celle des Droits de l’Homme et du Citoyen pour s’offrir à l’utopie de la République universelle chère à Anacharsis Cloots (exclu de la Convention par le très « nationaliste » Robespierre en tant qu’étranger, finalement guillotiné en 1794).

 

Lire aussi : Elections européennes, de grands perdants et peu de gagnants 

 

En plein développement de l’État providence, mais aussi à la veille d’une crise économique sans précédent, la loi Pleven rayait d’un trait la distinction du national et de l’étranger. Elle fragilisait de fait notre ordre social et remettait en cause les fondements de tout ordre politique :

En punissant pénalement la préférence nationale, la loi Pleven a finalement interdit à la nation française de défendre sa propre existence

Un séisme dont les manifestations se communiquent à des pans croissants de la société française… Mais jusqu’où ? Il est impossible de réduire un être concret et une communauté concrète à une « pure essence » ou à la « pure universalité » sans les anéantir. Tant qu’un être vit, il se distingue et s’associe selon ses préférences. Dans la mort du corps en revanche, il a peut-être tout loisir d’assouvir sa passion de l’indistinction… Et encore. Nous n’en sommes pas certains.

 

Benjamin Demeslay 

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