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Christine Fizscher s’essaye à la poésie avec ce premier recueil, L’Ombre de la terre, paru chez Dumerchez.
Sa prose de romancière se prête bien à l’exercice du vers et ce premier essai se révèle prometteur. L’essentiel du recueil se situe en automne, en hiver, les poèmes ayant principalement pour noms les mois de fin d’année assortis de lieux.
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Nous allons cependant d’août à avril, comme un discret appel au refleurissement. La langue de Fizscher nous plonge dans l’absence et sa douleur, celle de l’être aimé que l’on peut lire comme une métaphore métaphysique. Cette langue tisse une présence mélancolique brodée d’un érotisme aride. Ici la fragmentation du temps est perceptible, empêchant au genre humain le saisissement plein du réel.
Le mois d’août est passé.
Il est passé, ce mois
Derniers éclats sur le miroir froissé,
Les lignes noircissent entre mer et ciel,
Feux à feux
Des navires blancs poussent le crépuscule,
Tout se quitte sans cesse.
Au ciel un alphabet inconnu s’invente
Pour un unique jour
Puis la couleur s’absente
Quand au ciel la mer s’unit.
Et dans ces larmes et dans ces plaintes, un rai d’extase parfois se risque : « Nous, de si petits feux sur la terre / Si nous ne sommes que sur la terre ». Mais si la terre est vécue comme une ombre, nous remarquerons que la parole d’automne et d’hiver de Christine Fizscher nous fait respirer les parfums du lilas, des glaïeuls, du tilleul ou du magnolia. Élégance du poète voyant que l’ombre ne peut être projetée que par un printemps toujours là.
Gwen Garnier-Duguy
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