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Recours au poème Par Gwen Garnier-Duguy : « L’instant de vie ordinaire »

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Publié le

7 juillet 2019

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Le dernier opus de Jean-Pierre Boulic est la continuation de son chant commencé il y a bien longtemps, pour l’essentiel publié à La Part Commune et aux éditions de La Porte. Le lauréat 2010 du Grand prix de poésie Louis Montalte de la Société des Gens de lettres approfondit ici sa contemplation ininterrompue.

 

 

La poétique de Boulic a ceci de tout à fait remarquable qu’elle est le fruit d’une incorporation des paysages et de leurs éléments, dans ce qu’ils ont d’humble et de signes ; incorporation transmutée en parole pour dominer, contre vents et marées, les affres d’un quotidien social insensé :

 

« Un brin fleuri de gypsophile / Son silence qui pousse / À tisser la louange / Que j’entraperçois et accueille / Quand l’insaisissable tressaille / D’un désir sans grandeur / Graver sans or et sans argent / Les mots de la parole. »

 

« Je ne vois pas autrement la poésie que parole sacrée, c’est-à-dire éclairée pour être donnée en partage comme nourriture spirituelle à l’inquiétude d’un monde profondément sécularisé qui peut empêcher l’humain d’être homme », nous révèle Boulic à la fin du livre, dans un extrait de réflexion sur la poésie.

 

Lire aussi : L’éditorial culture de Romaric Sangars : Le point zéro des routes

 

Ce poète généreux – car il y a de la générosité à savoir donner une parole comme une perpétuelle réjouissance à séjourner dans le jardin d’ici-bas – pourtant, trouble à peine le silence :

« Peut-être qu’ici je perds mon temps / Me tenant proche de la parole / Je veux entrer dans cette louange / Que porte la lumière des mots / Vivants du silence des événements / À ce souffle inaperçu / Que sèment deux petites colombes. »

 

Boulic est le poète du temps ordinaire. Peut-être mieux qu’aucun poète, il sait dire quel extraordinaire y vibre. C’est en cela qu’il aide à conjurer la tentation du désespoir.

 

 

Gwen Garnier-Duguy

 

 

 

L’EAU DE LA GRÈVE EST SI BLEUE   Jean-Pierre Boulic  

Dessins Nathalie Fréour Des sources et des livres  108 p. – 15 €

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