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L’éditorial de Jacques de Guillebon : Nous sommes des possédés

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Publié le

1 octobre 2019

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Il est notoire depuis près de trois cents ans que le capital produit systématiquement sa contradiction, c’est-à-dire sa nécessité jumelle, et qu’elle s’appelle la révolution. Seuls les imbéciles ne le savent pas.

 

Une preuve nouvelle en est faite avec l’extension de la procréation médicalement assistée, terrible terme qui dissimule sous son aménité une ultime ruse contemporaine quoiqu’elle ne soit pas originale : se saisir de ce qui nous fonde pour nous libérer, disent-ils ; en réalité pour nous déposséder.

Interdire l’exercice des plus vieilles lois de l’humanité, comme la généalogie, la connaissance, même vague, de ses origines, la baise pour se reproduire, l’amour même d’un homme, viril, poilu et musculeux, avec une femme parfumée, belle, volatile et légère.

L’unique raison qui justifie l’organisation de cette gestion des corps et de leur reproduction par la médecine, c’est-à-dire par un choix politique, donc étatique, c’est la satisfaction du désir de dominants. D’êtres occidentaux devenus dominants par le hasard de la naissance dans un milieu suprêmement technicisé qui leur a laissé croire que tout était permis, alors qu’eux-mêmes sont des impotents qu’une tempête tropicale de force 2 effacerait. De là, de cette force que le génie de notre race, de notre civilisation a construite, et à laquelle ils ont peu contribué, ils ont déduit que tout était possible, quitte évidemment à tout interdire aux autres. Interdire l’exercice des plus vieilles lois de l’humanité, comme la généalogie, la connaissance, même vague, de ses origines, la baise pour se reproduire, l’amour même d’un homme, viril, poilu et musculeux, avec une femme parfumée, belle, volatile et légère. Des choses comme ça qui font qu’on a envie de se lever le matin parfois. Bref, ils empêchent tout pour se libérer-délivrer, comme des grands nigauds bobos qu’ils sont, avec des euros qui coulent de leurs poches, et qui aimeraient que leur monde de dégénérés ressemble quand même à leurs Walt Disney d’enfance.

La seule idée d’« assister une procréation », médicalement ou pas, devrait hérisser le poil de l’honnête homme, de l’homme peuple, de n’importe quel être humain sain d’esprit, particulièrement de celui qui se bat pour l’écologie, intégrale, disons pour l’organisation réelle du monde – sauf s’il lit Limite.

L’enfance, parlons-en, justement et venons-en à la PMA, pour les couples ou pour toutes les femmes, seules ou maquées avec une autre, là n’est pas le problème. La seule idée d’« assister une procréation », médicalement ou pas, devrait hérisser le poil de l’honnête homme, de l’homme peuple, de n’importe quel être humain sain d’esprit, particulièrement de celui qui se bat pour l’écologie, intégrale, disons pour l’organisation réelle du monde – sauf s’il lit Limite. Mais si l’on parle de l’homme moyen, il sait bien comment doit se passer une procréation et qu’il n’a besoin que personne l’assiste. Que s’il veut que son fils soit son fils, sa fille sa fille, c’est entre madame et monsieur sans assistance ce que cela se passe, sans aucune assistance. Sinon, autant en finir avec la vie.

De ce monde postchrétien ils n’ont gardé que le début de la phrase. « Tout vous est permis mais tout n’est pas bon ». C’était saint Paul. De la libération, ces abrutis ont gardé la lettre sans savoir l’esprit. Ce temps a commis le pire crime qui soit, il a naturalisé la grâce.

Mais enfin, ils sont fiers d’eux parce qu’ils autorisent, ils permettent, ils rendent possible ce qui ne l’était pas. « La loi de bioéthique 1994 était une loi d’interdits », confirme benoîtement le fou Jean-Louis Touraine, rapporteur de la loi sur la PMA. Chacun croyait que la loi était là pour interdire. Maintenant elle se glorifie du contraire. Elle fabrique vos désirs. Dans ce monde merveilleux de Baloo, où il en faut peu pour être heureux, – réellement beaucoup, il faut des enfants construits à partir d’un puzzle de gamètes, mais ça ils ne s’en soucient guère – la punition semble lointaine. On a le droit. Évidemment. De ce monde postchrétien ils n’ont gardé que le début de la phrase. « Tout vous est permis mais tout n’est pas bon ». C’était saint Paul. De la libération, ces abrutis ont gardé la lettre sans savoir l’esprit. Ce temps a commis le pire crime qui soit, il a naturalisé la grâce. Il nous a ramenés dans un état pire que le précédent, tel l’homme qui a chassé le démon de chez lui, nettoyé sa maison et à la fin hérite de sept nouveaux démons qui trouvent le lieu bien agréable. Ça, c’était Jésus.

Car qu’elle soit gratuite ou pas, la PMA, et chacun le sait, crée un autre lieu de l’humanité où tout sera négociable, où l’ancienne chair de notre chair que l’énigme de la vie faisait advenir sera un signe extérieur de réussite.

Ce monde a fait de tout ce qui était devenu entièrement gratuit et libre, l’amour, le mariage, la copulation, l’engendrement, la maternité et la paternité, la famille enfin, un nouvel objet de marché. Car qu’elle soit gratuite ou pas, la PMA, et chacun le sait, crée un autre lieu de l’humanité où tout sera négociable, où l’ancienne chair de notre chair que l’énigme de la vie faisait advenir sera un signe extérieur de réussite. De tout cela on voudrait nous déposséder, nous les prolétaires, c’est-à-dire ceux qui n’avaient plus que leurs enfants, fruit de leur vrai désir, dans son vrai accomplissement, dans sa vraie plénitude de don, disons le gros mot.

 

Mais ça, cette dépossession, nous ne sommes pas obligés de l’accepter, et nous pouvons dire encore que nous sommes les enfants de la chance, les parents de hasard, que nous sommes des possédés, possédés de tout cela qui nous dépasse, qui vient de si loin, et va vers un horizon immense que personne ne connaît.

 

Et pourquoi pas ? Le père n’est pas loin…

 

 

Jacques de Guillebon

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