À VOIR OU À FUIR, C’EST LA SEMAINE CINÉMA DE L’INCORRECT

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Une jeune femme chez les fusiliers marins ou le retour du T-Rex…Que faut-il aller voir ou fuir au cinéma cette semaine.

 

Volontaire

De Hélène Fillières

Avec Lambert Wilson, Diane Rouxel, Corentin Fila

Laure a 23 ans, elle se cherche, et c’est dans la Marine Nationale qu’elle va trouver un cadre, des repères et un idéal de dépassement de soi. Solide et persévérante, elle va faire son apprentissage, souffrir, mûrir, découvrir sa voie, tout en nouant avec l’austère commandant Rivière une relation intense et ambigüe.

 

 

Il y a du Clint Eastwood dans le cinéma d’Hélène Fillières, cette faculté à rendre perceptibles les sentiments et sublimer tous les vertiges qui en découlent. Des doigts qui s’effleurent, un regard qui s’échappe, un silence qui pèse davantage que mille mots: l’actrice-réalisatrice explore l’énigme du désir par mille détours sinueux. À rebours d’une époque foncièrement exhibitionniste, elle préfère l’inhibition brûlante à l’exhibition frigide. La belle Hélène aime ses personnages, tous si singuliers, aux si différents reliefs ; elle porte sur chacun d’eux un regard subtil et profond et parvient au fil de son film à photographier avec une grande justesse une jeunesse ardente et hagarde en quête de modèles chez les Bérets verts. Romanesque et farouchement anticonformiste, Volontaire renverse tous les préjugés, réconforte et bouleverse. Du grand art

 

Lire aussi : Entretien avec Hélène Fillières

 

 

Jurassic World: Fallen Kingdom

De Juan Antonio Bayona

Avec Chris Pratt, Bryce Dallas Howard, Rafe Spall

Cela fait maintenant trois ans que les dinosaures se sont échappés de leurs enclos et ont détruit le parc à thème et complexe de luxe Jurassic World. Isla Nublar a été abandonnée par les humains alors que les dinosaures survivants sont livrés à eux-mêmes dans la jungle. Lorsque le volcan inactif de l’île commence à rugir, Claire, l’ancienne directrice des lieux et Owen l’ex dresseur de vélociraptors, s’organisent pour sauver les derniers dinosaures de l’extinction mais découvrent une conspiration qui pourrait ramener toute notre planète à un ordre périlleux jamais vu depuis la préhistoire.

 

 

Dès l’ouverture, Juan Antonio Bayona, renoue avec la recette jouissive du premier opus Jurassic Park :  tension, humour, terreur, du badass grand public comme on aime et qui annonce une marche arrière bienvenue après la surenchère indigeste du premier Jurassic World.  En changeant de réalisateur ce Jurassic gagne en muscle et en virtuosité. L’espagnol est un vrai cinéaste. Multipliant les éclairages et les jeux d’échelles, il joue sur la frustration et se refuse à tout dévoiler, laissant ainsi planer une menace permanente. Boostée aux amphétamines, la première heure ne laisse aucun répit aux spectateurs : tsunamis de lave, plongées sous-marines, courses-poursuites et morceaux de bravoure : on redécouvre avec un plaisir d’enfant une multitude de dinos plus vrais que nature. Malheureusement la suite ne tient pas sa promesse. Si le Jurassic de Spielberg siège encore sur le podium des chefs d’œuvre du divertissement c’est parce qu’il s’appuyait sur une structure narrative en béton armé et un solide quatuor de personnages (les deux parents sans enfants et les deux enfants sans parents). Ici, le duo offre autant de consistance que Ken et Barbie et l’inventivité de mise en scène ne peut masquer la vacuité narrative et la bêtise antispéciste du scénario tout droit tiré d’un bouquin d’Aymeric Caron.

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adewatrigant@lincorrect.org

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