OK Boomer est ton deuxième roman, pourtant avec son constat générationnel et son récit d’entrée ratée dans la vie adulte, il a tout d’un premier.
J’avais écrit Sur la panaméricaine, dans une certaine urgence après une traversée de l’Amérique centrale. Pour OK Boomer, j’ai voulu revenir à une structure plus classique, avec plusieurs histoires familiales parallèles. C’était plus ambitieux donc plus difficile. Il m’a fallu huit ans, et le décès de mon père, pour terminer cette histoire de trentenaires un peu perdus dans un monde que Mai 68 et ses adeptes de la tabula rasa ont laissé sans repères.
Le conflit générationnel serait-il aujourd’hui plus déterminant, finalement, que le conflit social, par exemple ?
Absolument. Qu’ils aient passé leur confinement dans une maison de famille ou dans un T2, tous les jeunes de 18 ans ont en commun d’avoir été privés de leur premier été de liberté, avec l’injonction de « sauver des vies » alors qu’on « sauvait surtout des vieux ».
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Quand a été évoquée l’éventualité d’un déconfinement par classe d’âge, les baby-boomers, inventeurs du « il est interdit d’interdire » ont poussé des cris d’orfraie « Quoi ? Et pourquoi qu’on resterait confiés plus longtemps ? Moi je me sens en pleine forme ! » Ils préfèrent incriminer les jeunes irresponsables qui ont fêté la musique plutôt que leur propre irresponsabilité des cinquante dernières années. [...]
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