Skip to content

Andy Ngo : au cœur des antifas

Andy Ngo publie dans le Wall Street Journal et le New York Post ; il est correspondant pour le média canadien Post Millennial. Sur Twitter, ses informations sont suivies par 895000 lecteurs. C’est qu’il est l’un des journalistes les mieux renseignés sur la mouvance antifa. Son livre, Démasqués : infiltré au cœur du programme antifa de destruction de la démocratie, un essai passionnant publié aux États-Unis en début d’année, fruit de quatre ans d’enquête de terrain, est traduit en français. Entretien.

Partage

© Sonia Fitoussi pour L'Incorrect

Votre livre a connu un succès inouï aux États-Unis.

Je n’aurais pas imaginé que ce livre pût recevoir un tel accueil. Il a été d’emblée classé troisième sur la liste des best-sellers du New York Times. Et ce malgré les efforts répétés des antifas pour le faire interdire et leurs pressions sur les libraires. Il est même brièvement passé devant la dernière autobiographie de Barack Obama… une performance pour un premier livre !

Quels sont les principes de l’idéologie antifa que vous décrivez ?

Ce mouvement cherche à renverser le pouvoir. Pour eux, les États-Unis sont « un État fasciste tentaculaire qui exporte fascisme et capitalisme dans le monde entier ». Ils veulent se débarrasser de la constitution, de la police, du système judiciaire. En s’attaquant à la liberté d’expression, ils s’en prennent au cœur du projet américain. Ils ont bénéficié de la propagande de Black Lives Matter selon laquelle l’Amérique est un État intrinsèquement raciste – vision conspirationniste et déconnectée de la réalité mais qui a été corroborée par médias, universitaires et activistes au lendemain de la mort de George Floyd. Les antifas ont su exploiter ce moment pour justifier le recours à la violence.

L’épouvantail fasciste Donald Trump n’étant plus en place, l’atmosphère est-elle plus calme sous Joe Biden ?

L’ampleur et la fréquence des émeutes ont décru depuis janvier. Mais Joe Biden n’y est pour rien. Les manifestants ont fini par se lasser après des mois et des mois d’insurrection. Il y a moins d’émeutes antifas mais on observe une escalade dans la violence et l’utilisation d’armes. Le 14 août, devant la mairie de Los Angeles, un militant antifa a poignardé un homme, l’a blessé au cœur et lui a perforé le poumon. Il a été arrêté. Le 22 août, à Portland, les antifas avaient créé une « zone autonome » dans le centre ville. Il y a eu des tirs. Un homme a été blessé. Le tireur s’est enfui. Début septembre à Olympia (capitale de l’État de Washington), un antifa a sorti un revolver et tiré autour de lui. Heureusement une seule personne a été touchée et a survécu. Ils font ouvertement l’apologie de la violence politique. Les antifas de Portland ont manifesté pour célébrer l’assassinat, l’an dernier, par l’un des leurs, d’Aaron Danielson, un manifestant pro-Trump.

Les antifas de Portland ont manifesté pour célébrer l’assassinat, l’an dernier, par l’un des leurs, d’Aaron Danielson, un manifestant pro-Trump

Quel était le profil du tueur ?

Michael Reinoehl était un fervent combattant de la justice sociale et raciale, au point de s’être fait tatouer le symbole du poing levé BLM sur la nuque, ce qui a permis de l’identifier. Le 29 août 2020, lors d’une manifestation pro-Trump, une caravane de voitures avec des drapeaux américains traversait le centre-ville de Portland. Les antifas leur ont jeté des pierres. Dans la soirée, Reinoehl a repéré Danielson, l’a attendu à l’angle d’une rue, lui a tiré dans la poitrine et l’a tué sur le coup. Reinoehl a été retrouvé cinq jours plus tard dans l’État de Washington et abattu par les forces fédérales. Les antifas le considèrent comme un martyr et honorent sa mémoire. [...]

La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ? Se connecter

Partage

En Kiosque
Rejoignez-nous

Newsletter

Pin It on Pinterest