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Association Argos : quelle jeunesse européenne ?

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Publié le

11 octobre 2022

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Argos, une nouvelle association intellectuelle et sportive de jeunes gens, est née le 2 octobre. Entretien avec Sylvain Rochefort, l’un de ses cadres.
argos

Quelle est l’ambition d’Argos ?

Nous nous définissons comme un collectif communautaire. Notre objectif est de rassembler la jeunesse française et européenne pour la tirer vers le haut et faire en sorte qu’elle soit capable, à plus long terme, de défendre notre civilisation. L’idée est de tout reprendre depuis le début. Alors que notre civilisation et notre pays sont en crise, l’alternative politique a du mal à se matérialiser. Il y a certes de bonnes nouvelles comme la victoire de Giorgia Meloni en Italie ou un groupe Rassemblement national important à l’Assemblée, mais ça ne suffit pas. Nous avons fait le constat suivant : si l’alternative a du mal à se matérialiser, c’est parce que nous n’avons pas assez cultivé les bases. La base consiste pour nous à former la jeunesse, la ré-enraciner, la rendre plus saine. L’un de nos slogans est « un esprit sain dans un corps sain ». À long-terme, sur une génération, nous voulons des Français de souche européenne qui soient capables de créer cette alternative.

En vous voyant, on fait très vite le parallèle avec Génération identitaire – association dissoute par le ministère de l’Intérieur. Vous considérez-vous comme leurs successeurs ?

En matière de famille politique, nous sommes tous deux des défenseurs de la civilisation européenne. Certains anciens militants de Génération identitaire sont effectivement chez nous. Pour autant, nous ne sommes pas leur « version 2.0 ».

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Qui sont vos militants et vos cadres ?

Il y a toute une partie de la jeunesse consciente des problèmes que nous soulignons, mais qui n’a pas de représentation politique. On peut regretter Éric Zemmour, mais sa candidature, si elle fut une véritable victoire sur le thème migratoire, fut une déception électorale, avec 7% des voix. Marine Le Pen, de son côté, progresse tous les cinq ans mais n’arrive toujours pas à triompher. Il fallait faire quelque chose. Les structures militantes locales sont intéressantes, mais insuffisantes. Par tout un réseau de connaissances, l’idée de créer une structure a progressivement germé : cela fait un certain temps qu’Argos est en gestation, raison pour laquelle nous avons déjà plusieurs dizaines de membres. Lorsque nous avons organisé notre randonnée l’été dernier, nous étions 60. Lors de notre tournoi de boxe estival, nous étions 150, dont 30 combattants. Au niveau sociologique, d’expérience, je peux affirmer que toutes les catégories sociales sont présentes chez nous, des classes populaires aux classes plus aisées. Difficile de donner une mesure précise, mais à vue d’œil, ce sont les petites classes moyennes qui sont les plus représentées. C’est mon cas notamment : une mère institutrice dans le public, un père électrotechnicien.

Vous voulez rassembler la jeunesse française et européenne. Y a-t-il une « race européenne » à préserver selon vous ?

C’est sans doute une question de génération, mais nous considérons que le combat politique ne peut pas se limiter aux frontières hexagonales. Les crises qui touchent la France touchent l’Europe toute entière. Le remplacement démographique n’est pas seulement français, mais aussi italien et allemand. L’Europe existe en tant que civilisation, c’est d’ailleurs pour cela que nous avons choisi de faire référence à Jason et aux Argonautes, ou à Homère. C’est la parenté culturelle commune des Européens. La Grèce antique exalte des valeurs héroïques et combatives, de solidarité et de dépassement de soi : c’est notre matrice originelle.

Nous nous considérons aussi comme un mouvement activiste, raison pour laquelle nous mènerons une action médiatique d’ici la fin de l’année, sur l’un de nos thèmes de prédilection

Vous vous dites « des enfants d’Achille et d’Athéna » : quel est votre rapport avec le christianisme ?

Notre rapport au christianisme est simple : nous considérons qu’il s’agit évidemment d’un élément important dans l’histoire de notre civilisation, injustement attaqué aujourd’hui, mais qu’il n’en est pas l’élément fondateur, ou tout du moins pas le seul. L’Europe a également des racines préchrétiennes qui ont marqué notre culture multimillénaire. Argos n’est pas un mouvement confessionnel et à ce titre, nos militants viennent d’horizons spirituels divers : catholiques, orthodoxes, protestants, agnostiques, athées, etc. Certains sont donc des fils de Dieu et d’autres pas. Mais nous sommes tous résolument décidés à reprendre le travail à la base pour sortir la France et l’Europe du marasme actuel. 

Quelles seront les actions d’Argos ?

La randonnée et le tournoi seront des évènements annuels. Nous ajouterons aussi une « Spartan Race », course d’obstacle et d’endurance chaque été. Nous voulons aussi encourager à la formation sur les plans culturel et intellectuel. Nous cultivons justement la redécouverte des classiques : Homère, mais aussi la littérature médiévale avec le cycle arthurien et la Chanson de Roland. Le but premier est de rassembler des effectifs pour créer notre culture, notre contre-culture. Sur le plan local, nous espérons que les adhérents qui seront dans la même ville s’entraîneront ensemble et s’aideront. Mais nous nous considérons aussi comme un mouvement activiste, raison pour laquelle nous mènerons une action médiatique d’ici la fin de l’année, sur l’un de nos thèmes de prédilection.

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À quel courant, quels auteurs vous rattacheriez-vous ?

Sur la plan intellectuel, nos références sont aussi variées que les itinéraires de nos militants, mais nous nous retrouvons tous dans l’idée européenne, c’est-à-dire l’Europe comme civilisation et non pas comme un marché commun et un camp de migrants géant comme à l’heure actuelle. Parmi les noms qui reviennent le plus souvent, on peut citer les classiques de la culture européenne (Homère, entre autres), des auteurs plus inclassables comme Charles Péguy et des écrivains plus politiques comme le Guillaume Faye des années 90-2000. Pour ma part, les romans d’Ernst von Salomon m’ont durablement marqué, par exemple.

Aujourd’hui, rendons-nous à l’évidence : notre sensibilité patriotique et européenne a assez peu de représentants en France où le sentiment d’appartenance est très national, très tricolore. Une des figures qui nous inspirent est Sylvain Tesson ; il incarne un mode de vie fondé sur l’aventure et l’exploration, un attachement aux classiques, etc. J’encourage les jeunes Français et Européens qui veulent se sortir de la médiocrité à nous rejoindre sur notre site internet : https://argosfrance.org/.

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