Il est des personnalités qui se sont fait connaître pendant la crise du coronavirus. Parmi elles figure Axel Khan, président de la Ligue contre le cancer, qui depuis quelques mois a régulièrement fait le tour des plateaux télé, offrant au grand public ses analyses en tant que médecin généticien à la retraite d’abord, chercheur et président d’université ensuite, philosophe et essayiste enfin.
Celui qui avait tant critiqué la stratégie vaccinale du gouvernement et qui fut lui-même un vacciné de la première heure, fervent défenseur des confinements, racontait aux Échos que « l’idée selon laquelle il faudrait laisser circuler le virus pour éviter un effondrement économique est absurde », ajoutant sur Europe 1 vouloir « protéger le peuple français et les personnes fragiles », et précisant qu’il était nécessaire de « montrer l’exemple ».
« Je suis Axel Kahn, donc j’ai été vacciné parmi les premiers, donc je n’ai pas besoin de faire un test PCR ! Laissez-moi passer »
Il semble cependant que sur ce dernier point, il lui faille encore travailler. Ce mercredi, Le Canard enchaîné rapporte à son propos une anecdote qui a bien fait bavarder les médias. Le 21 avril dernier, de retour de Bruxelles, Axel Kahn se retrouve confronté à la police tandis qu’il débarque à peine de la Gare du Nord. « Tranquille, peinard », comme il l’expliquait lui-même. À sa sortie du train, mesures sanitaires obligent, l’agent lui demande un test PCR récent (moins de 72h), à l’instar de tous les passagers. Mais au lieu de fournir le document sollicité, telle aurait été la réponse de l’ex-médecin : « Je suis Axel Kahn, vous ne me reconnaissez pas ? ». Alors que le policier lui répond par la négative, et a priori un peu vexé que sa notoriété ne lui permette pas encore une telle exemption, Axel Kahn serait monté sur ses grands chevaux sans plus attendre : « Je suis Axel Kahn, donc j’ai été vacciné parmi les premiers, donc je n’ai pas besoin de faire un test PCR ! Laissez-moi passer ». N’en démordant pas, le policier explique au chercheur que la loi est la loi, Axel Kahn ou pas, avant que ce dernier ne lui réponde : « Je m’en fous ». Coup de chance pour la vedette quelque peu capricieuse, un supérieur hiérarchique serait arrivé et l’aurait finalement laissé passer sans amende.
Lire aussi : Didier Raoult est-il un charlatan ?
La petite dispute a provoqué l’agitation au sein des cabinets ministériels, certains trouvant la plaisanterie pour le moins cocasse étant donné la tendance moralisatrice d’Axel Kahn et sa promptitude à critiquer les décisions prises. Pour d’autres, l’affaire est un cas grave de manque d’exemplarité et d’irrespect. C’est notamment le cas de l’avocate Marie-Anne Soubrié qui s’est exprimé sur RMC : « C’est fou […] ce que je trouve anormal est qu’il ne vérifie pas s’il est porteur ou pas […] moi je dis : ce n’est absolument pas normal ! », après avoir rappelé qu’être vacciné n’empêche pas d’être porteur du virus.
« Un isolement de 10 jours pour un Président national de la Ligue en pleine bagarre ne me réjouissait pas »
Sur son blog, le professeur a trouvé bon d’exposer sa version des faits – après avoir d’abord affirmé au journal qu’il ne s’agissait pas de lui Gare du Nord, puis s’étant finalement résigné à admettre sa culpabilité. Intitulé « Histoire Belge », la justification publique raconte l’histoire d’un intellectuel qui apprend à son retour de Belgique la nécessité du test PCR, et qui se dit alors stupéfait. Il faut le comprendre, c’est désormais un homme à l’emploi du temps complexe : « Un isolement de 10 jours pour un Président national de la Ligue en pleine bagarre ne me réjouissait pas ». Pour les Français oui, mais pas pour lui. Il poursuit en précisant que : « Le tout a duré moins de 10 minutes, le ton n’est guère monté » et conclut ainsi : « Un député européen, sans doute peu ami, raconte la scène insignifiante au Canard. Écho assez malveillant demain. Je suis très exposé du fait de mon exposition médiatique, il y aura une campagne diffamatoire à mon encontre […]. Je préfère par conséquent vous préciser ce qui s’est passé et m’est apparu d’abord plus amusant qu’inquiétant. That’s life ».





