Bioéthique : un festival bête et méchant

© Louis Lecomte pour l'Incorrect

Ubu est roi. On a parfois l’impression de se répéter, de tenter inlassablement d’ouvrir les yeux de nos concitoyens sur l’absurdité de l’époque et la médiocrité de ses acteurs, sans espoir que rien ne puisse changer. Alors que la France écarquille les yeux en découvrant l’ampleur du scandale Mickaël Harpon, du nom de ce terroriste islamiste habilité secret défense, qui entendait des voix en dépit de sa surdité et finit par assassiner quatre de ses collègues de la préfecture de police, nos représentants à l’Assemblée nationale multiplient les déclarations audacieuses dans le cadre des débats relatifs à la « bioéthique », toutes plus bêtes et caricaturales les unes que les autres.

Revue d’effectif.

 
 

Première à sévir, l’inénarrable Aurore Bergé y est allée de son petit couplet sentencieux, se rengorgeant de son ton de déléguée de classe réélue à sept reprises, de la sixième à a terminale : « Ni dans ce projet de loi, ni aujourd’hui, ni demain, nous n’empêcherons quelconque parents hétérosexuels (sic) de vouloir concevoir un enfant de manière charnelle ». Voilà qui méritait bien une mise au point, une clarification expresse de la part de la députée de La République En Marche. S’il devient nécessaire de préciser que les enfants pourront toujours, demain, dans la République irénique des petits enfants de France, être conçus lors d’un rapport sexuel entre un homme et une femme, c’est bien que nous avons basculé dans une autre dimension. On saura d’ailleurs gré à Aurore Bergé de nous prévenir pour les préliminaires. Y aura-t-on toujours droit ? Uniquement à des préliminaires non oppressifs ?

 

On saura d’ailleurs gré à Aurore Bergé de nous prévenir pour les préliminaires. Y aura-t-on toujours droit ? Uniquement à des préliminaires non oppressifs ?

 

Deuxième à avoir ouvert son caquet, la députée LREM de l’Hérault Coralie Dubost a, de son côté, déclaré : « Ce n’est pas politiquement correct mais le mode d’établissement de la filiation de l’enfant n’est pas piloté par l’intérêt de l’enfant. Il l’est plutôt par celui du couple ». Ah le sacro-saint couple, ce binôme constitutif des familles nucléaires contemporaines. Deux personnes qui s’aiment, soit de quoi constituer « une famille ». Peu importe qui ils sont ou d’où ils viennent, l’essentiel est qu’ils s’aiment et aient « envie » d’avoir un enfant. Avoir envie c’est pouvoir. Et c’est pour l’Etat un devoir de satisfaire cette envie. Très en pointe, la susnommée Dubost a aussi affirmé qu’il faudrait à l’avenir éviter l’usage des termes « demi-frère » et « demi-sœur » pour les enfants nés d’un même donneur, préférant le très joli « demi-génétique » (qui plus est faux sur le plan scientifique, tout individu ayant une génétique complète).

 

 

« Dégage de là le demi-génétique » ! Ce à quoi le demi-génétique pourra répondre qu’il n’a pas de leçons à recevoir d’un fils de trouples. Suivant Xavier Breton, l’insoumis Lachaud s’est prononcé en faveur de la pluri-parentalité, déclarant ne pas voir le problème que le sujet pouvait poser : « Pourquoi trois personnes ne seraient-elles pas plus à même de fonder un projet parental qu’un couple?? » On se demande bien, en ce cas, ce qui justifie présentement le maintien de l’interdiction de la polygamie, qui existe toujours dans le monde contemporain et a longtemps existé dans certaines cultures et ethnies européennes. Ah mais c’est bien sûr, la polygamie est trop patriarcale ! En revanche, les équipes de deux couples, les trios bisexuels ou la polyandrie pourraient être discutés car formant des modalités d’unions moins réactionnaires.

 

Lire aussi : Emmanuelle Ménard : « On ne se met jamais à la place de l’enfant »

 

Le meilleur a été gardé pour la fin. C’est l’œuvre de Danièle Obono, qu’on ne présente plus. Elle a déposé un amendement proposant la suppression de la mention du sexe à l’Etat civil, laquelle n’a selon elle « aujourd’hui plus aucun intérêt » et aurait « pour les personnes transgenres et intersexuées notamment, des conséquences concrètes » … parfois très oppressives ! Il faudrait inventer pareilles sornettes si elles n’existaient pas. Mais elles sont notre réalité. Peut-être pas celle du jour, mais au moins celle du futur proche. Parce que la famille classique est concurrencée par d’autres types d’union familiales et amicales, il faudrait détruire le socle anthropologique pluriséculaire de notre civilisation, par tous les moyens possibles et inimaginables. Ils le veulent et nous n’avons pas notre mot à dire.

 

Gabriel Robin

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grobin@lincorrect.org

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