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Boissons d’enfant, boissons d’adulte

Ce que nous buvons, ce que nous mangeons, reflète non seulement notre culture et notre éducation, mais aussi notre anthropologie, notre vision de l’homme. Avec le sucre, l’adulte est par exemple maintenue dans une enfance perpétuelle.

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Que ce soit pour les fêtes de Noël, pour les anniversaires de famille, pour les grands moments de la vie, le repas n’est jamais neutre ; il dit ce que nous sommes. L’invasion des sodas, comme boisson désaltérante ou comme boisson de repas, témoigne de l’infantilisation marquée de nos sociétés. Le soda, c’est le sucre, les exhausteurs de goût, les arômes artificiels, les couleurs franches et simples ; de quoi flatter le palais, les sens, les papilles enfantines. Le sucré est le premier goût que les enfants développent. Puis, en grandissant, leurs papilles gustatives développent d’autres saveurs, notamment l’acide et l’amer. Cet acide qui contracte les lèvres et fait faire la grimace, cet amer qui rebute et repousse. Les terribles endives au jambon, à peine sauvées par la crème béchamel ; la gentiane dont la robe d’or dissimule des saveurs traîtresses ; le thé et ses paysages multiples.

L’enfant y préfère les frites, le sucre et le sel, les boissons à base de cola et le chocolat chaud, bien sucré et fondant. Il y a donc des saveurs de l’enfance et des saveurs de l’âge adulte, marquées par le passage du sucré salé à l’acide amer. Le goût, comme pour tous les savoirs, s’éduque et s’apprend. D’abord les premières gorgées, qui provoquent les grimaces, puis les mets appréciés et recherchés. Fini le chocolat chaud, les steaks hachés et les gâteaux ; vivent les rognons, la joue de bœuf et les vins rouges des terroirs de France. L’évolution du goût marque le passage de l’enfance à l’âge adulte. [...]

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