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Brouilly : la résistance des vignerons

La belle saison est de retour et avec elle les inévitables salades fraiches et grillades en tout genre. Quoi de mieux pour les accompagner qu’un vin aussi modeste que plein de verve. Parmi les breuvages de France, le brouilly offre du plaisir à toutes les bourses. Fruité et léger, il se boit à l’apéritif comme au repas.

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© Benjamin de Diesbach pour L'Incorrect

«De toutes les routes de France, celle que j’préfère c’est celle qui conduit, en auto, ou en auto-stop, vers les rivages du midi ». Nationale 7, chantait Charles Trenet en 1955. C’était au temps des belles décapotables, bien avant l’autoroute A6 et ses embouteillages cataclysmiques. Mais nous voici déjà au XXIe siècle. Peu avant Lyon, au milieu de la sueur et des cris, l’automobiliste cul-à-cul, a la joie de retrouver ses semblables bataves et allemands. Les uns en Birkenstock, les autres en caravanes infernales, ils s’agrippent à leurs sandwiches rectangulaires sur les pelouses faméliques des aires de repos.

Si vous êtes cet été parmi les réfugiés de l’autoroute A6, prenez donc la sortie 30, celle de Belleville-en-Beaujolais. C’est la sortie vers le paradis, vers un Olympe de la dégustation : le mont Brouilly. Dès l’Antiquité, ce petit mont a servi de lieu de culte à nos ancêtres moustachus et païens. Au Ier siècle commence l’histoire viticole du mont Brouilly. En récompense de ses nombreuses victoires militaires, César donne une colline à un officier de la légion impériale, le dénommé Brulius. Ce dernier profite de l’ensoleillement exceptionnel du site pour planter de la vigne.

Dix-huit siècles plus tard, les affaires explosent. Les vignerons du Beaujolais bénéficient du chemin de fer ainsi que des voies fluviales (Saône et Rhône). Ils deviennent les premiers fournisseurs des tavernes lyonnaises et des bistrots parisiens. Mais le succès ne venant jamais seul, les catastrophes climatiques (grêles, gelées) et les parasites (l’oïdium) frappent les vignerons devenus prospères.

Contre le mauvais sort, ils décident en 1857 d’ériger au sommet du mont Brouilly une chapelle qui protégera leurs vignes. 

Culminant à 484 mètres, le mont Brouilly est identifiable depuis la plaine de la Saône. Le « phare du Beaujolais » possède une géologie singulière : son sol est constitué de diorite, une roche bleue âgée de 300 millions d’années. Provenant d’un ancien volcanisme sous-marin, la diorite offre une terre riche en minéraux. Cette roche dure mais bien faillée permet à la vigne de descendre en profondeur.[...]

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