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Ces femmes qui ont fait la France

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Publié le

24 juillet 2018

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Reines de France, saintes, artistes, savantes et intellectuelles… Certaines femmes ont marqué le cours de l’Histoire de France. De l’Antiquité à l’époque contemporaine, chaque époque a vu naître des héroïnes au destin national.

 

Il est une femme à qui la France doit beaucoup : sainte Geneviève de Paris. En 451, lorsque les Parisiens décident de quitter la ville en apprenant que les Huns se dirigent vers Paris, Geneviève, alors âgée de 27 ans, tente de convaincre les hommes de ne pas fuir: « Votre ville sera conservée, leur dit-elle, tandis que celle où vous voulez vous retirer sera pillée ou saccagée. Ayez confiance en Dieu, implorez son secours, et ne trahissez point par votre fuite la cause du ciel et de la patrie ». Elle réunit en même temps un petit groupe de femmes qui, tous les jours, jeûnent et prient pour demander à Dieu de les épargner. Elle les encourage à résister par ces paroles: « Que les hommes fuient, s’ils veulent, s’ils ne sont plus capables de se battre. Nous, les femmes, nous prierons Dieu tant et tant qu’Il entendra nos supplications. » Et Attila contourne Lutèce avant d’être battu aux Champs Catalauniques. La jeune femme devint ainsi defensor civitatis, chargée de la protection de la Cité. En 465, Childéric, à la tête des Francs, envahit Paris et le siège dure dix ans, pendant lesquels Geneviève force le blocus sur la Seine et ravitaille le peuple parisien en blé. Après la victoire de Clovis, fils de Childéric, elle s’allie au nouveau roi et lui permet de prendre la ville à la condition qu’il se convertisse au christianisme. Après son baptême, le premier roi des Francs entre dans Paris et réconcilie les peuples francs et gallo-romains. Paris – et la France entière- reconnaissent désormais sainte Geneviève comme sainte patronne.

 

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S’il y a une figure féminine ayant d’une même manière marqué la période médiévale, c’est sainte Jeanne d’Arc (1412-1431). Elle entend pour la première fois ses voix en 1425 (saint Michel, sainte Catherine et sainte Marguerite), qui lui ordonnent de se rendre auprès du Roi pour « bouter les Anglais hors de France ». Charles VII accepte de la recevoir en 1429 et l’envoie lever le siège d’Orléans, ce qui est effectif le 8 mai. D’autres batailles s’ensuivent, comme celle de Patay (18 juin 1429), et Jeanne convainc le roi de traverser les terres ennemies bourguignonnes pour aller se faire sacrer à Reims (17 juillet 1429). Femme soldate, celle que l’on surnommait « la Pucelle d’Orléans » a sauvé la France de la même manière que « par une humble Vierge fut opérée la Rédemption de tout le genre humain » affirmait Jean Gerson (chancelier de Notre-Dame et de l’université de Paris) à Charles VII. Outre ces figures de femmes belliqueuses, la France doit beaucoup aux reines de France. En France, les lois coutumières de la monarchie, affinées sous les Capétiens, excluaient les femmes de la succession au trône. Les reines de France ont cependant joué un rôle éminent, a fortiori pour celles qui ont exercé la régence. Comme épouses du roi et mères des enfants du roi, donc mères de rois, toutes les reines sont profondément associées au pouvoir. Selon Jean Sévillia, « la royauté au féminin, c’est la traduction de la spécificité du système monarchique, qui n’est pas un pouvoir personnel, mais le pouvoir d’une famille. » Catherine de Médicis, femme d’Henri II, puis régente pour son deuxième fils Charles IX, joue un rôle essentiel au moment des guerres de religion, en essayant de maintenir le trône au-dessus des divisions religieuses. Anne d’Autriche, l’épouse de Louis XIII, soutient et conseille son fils Louis XIV, en se ralliant à la politique de Mazarin. On retiendra également la reine Marie-Antoinette, dernière reine de France et martyre. Elle déclare à sa mère Marie-Thérèse d’Autriche : « Quoique Dieu m’a fait naître dans le rang que j’occupe aujourd’hui, je ne puis m’empêcher d’admirer l’arrangement de la Providence qui m’a choisie, moi la dernière de vos enfants, pour le plus beau royaume de l’Europe. » Elle connaît pendant son règne la gloire et la tragédie, et touche au sublime par sa dignité lors de son procès et face à la mort.

 

Des françaises radioactives

La modernité a aussi été marquée par des figures féminines intellectuelles, savantes et artistes. Est souvent mise en avant, à juste titre, Marie Curie (1867-1934), physicienne et chimiste extrêmement brillante. Première femme à recevoir un prix Nobel, Marie Curie est la première personne à recevoir deux prix Nobel. Ses contributions à la science ont été fondamentales, à l’origine des premières recherches sur la radioactivité. En 1995, ses cendres ont été transférées au Panthéon et François Mitterrand salue alors « la première femme de notre histoire honorée pour ses propres mérites. » Il nous est impossible d’évoquer ces femmes qui ont fait la France sans un mot sur ces ambassadrices de l’élégance française. On retiendra Gabrielle Chanel (1883 – 1971), symbole du chic à la française. Celle que l’on appelait Coco, car fredonnant sans cesse Qui qu’a vu Coco dans l’Trocadéro, est une icône dans le milieu de la mode. Elle est l’une des créatrices de modes les plus novatrices du XXe siècle, utilise une esthétique masculine dans des vêtements féminins, popularise les pantalons et les tailleurs, et fait de la petite robe noire un basique. Alliant la simplicité à l’élégance, Coco Chanel a habillé la femme moderne et forgé la réputation internationale des Parisiennes pour leur sophistication et leur raffinement. Le XXe siècle est marqué par d’autres figures féminines, par exemple dans le domaine intellectuel, avec Simone Weil (1909-1943), qui porte un regard  lucide sur le monde ouvrier du XXe siècle et décide de prendre, dans toute sa dureté, la condition d’ouvrière, non pas à titre de simple expérience, mais comme incarnation totale, afin d’avoir une conscience parfaite du malheur. Sa vie intellectuelle, constant approfondissement, est marquée par un amour inconditionnel de la vérité. En se heurtant au déracinement ouvrier, Simone Weil voit dans cette expérience un profond besoin d’enracinement, « peut-être le besoin le plus important et le plus méconnu de l’âme humaine ». Dans son ouvrage L’Enracinement, elle souligne la nécessité d’être héritier des trésors du passé et l’urgence d’« aider la France à retrouver une aspiration authentique ».
À l’heure où les néo-féministes nient l’essence même de la féminité, sachons reconnaître ces grandes figures historiques, véritables femmes de France, et s’en faire les héritiers.[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

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