On parle d’une menace de chute à la bourse et de flambée des taux d’intérêt. Est-ce une menace pour faire pression sur l’opinion ou alors faut-il vraiment s’inquiéter ?
Il faut être inquiet parce que la réalité est pire que la fiction. Beaucoup croient que la France peut trouver de l’argent indéfiniment, et que personne ne nous refuserait un prêt. Il suffit de reprendre les déclarations de Bruno Le Maire tout heureux de constater que les spreads avec l’Allemagne étaient très bas. Sauf que les spreads correspondent à l’écart entre les taux allemands et les taux français… et ils sont en train de monter comme des fusées. Ce qui signifie que nous sommes dans une situation budgétaire désespérée et pour une raison assez simple: nous avons abandonné toute souveraineté budgétaire avec notre entrée dans l’euro.
C’est-à-dire ?
Les pays ne font pas faillite mais il leur arrive de ne pas pouvoir payer leurs dettes qui sont encourues dans une monnaie étrangère. Prenons l’exemple de l’Argentine: ils empruntaient en dollars et donc n’avaient pas le pouvoir d’imprimer la monnaie. Mais un jour, on leur a refusé tout prêt et ils se sont donc retrouvés sans rien. La France est dans la même situation depuis qu’elle a transféré son pouvoir d’imprimer de l’argent à la BCE. La France a besoin de lever au moins 300 milliards d’euros pour les douze prochains mois. Mais si vous regardez les programmes des différents partis, notamment celui du Nouveau Front populaire, ils ne manquent pas d’idées pour dépenser mais n’en ont aucune pour récolter des fonds. Il faut impérativement cesser de dilapider l’argent.
Jacques Rueff disait que « l’inflation, c’est de subventionner des dépenses qui ne rapportent rien avec de l’argent qui n’existe pas ». C’est ce que l’on fait depuis trente ans. Mais un jour, très proche, la France ne pourra plus emprunter. Si vous regardez notre budget, 50 % sont empruntés à l’étranger, soit environ 150 milliards d’euros. Comment les trouver? Si nous ne les trouvons pas, comment faire puisque les dépenses de l’État ne sont pas loin du double de ses recettes? C’est pour vous dire la situation folle dans laquelle nous sommes… Et je crains que l’État ne pioche dans les comptes bancaires des Français.
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Comment ça se passerait concrètement ?
Le gouvernement vous obligera à souscrire une obligation de l’État français avec promesse de remboursement dans cinq ou sept ans, ou quand ils pourront. Ils vont piocher dans l’épargne des Français. Nous sommes à la veille d’une banqueroute, comme l’était l’Argentine.
Que doit faire un nouveau gouvernement ?
Il devra être courageux en gelant la dette et en fermant le marché obligataire pendant trois mois, pour le calmer car il est en dislocation, et le temps de faire un audit de l’État. Puis ensuite, il sera nécessaire de tailler dans les dépenses, de supprimer toutes ces choses inutiles et qui coûtent très cher comme les subventions aux ONG qui sapent l’État, toutes les hautes autorités, les ministères inutiles comme celui de la Culture ou de l’Égalité entre les femmes et les hommes… Il faut supprimer ces budgets comme l’a fait Javier Milei en Argentine. Et bien évidemment baisser drastiquement les impôts sur les sociétés des entreprises de moins de cent salariés.
« Je crains que l’État ne pioche dans les comptes bancaires des Français » Charles Gave
Et si Emmanuel Macron déclenche l’article 16?
Il n’aura aucune légitimité pour le faire. La seule chose qu’il pourrait faire, si le pays est bloqué, serait de remettre sa démission, afin que le président du Sénat prenne l’intérim jusqu’en septembre, le temps d’organiser une nouvelle élection. Mais si vous me permettez, je tiens à préciser un point fondamental: depuis Giscard, la France est sous le contrôle de la classe administrative. Nous sommes gérés par des fonctionnaires et qui, pour la première fois de l’Histoire, sont corrompus. On ne lutte pas contre tel parti politique ou telle opinion mais contre une mafia qui a pris le pouvoir en France. Il est impératif qu’elle le perde et qu’elle soit jugée.
Tous ne sont pas corrompus…
Oui, c’est ce qu’on disait des gars qui organisaient des trains pour l’Allemagne en 42. Il y a ceux qui ont fait des choses abominables et ceux qui se sont tus. Ils sont coupables car ils n’ont pas démissionné.
Comme quoi par exemple ?
Laurent Fabius par exemple. Après le scandale du sang contaminé, à sa place j’aurai démissionné. On peut parler aussi d’Alain Juppé qui a couvert toutes les actions de Chirac à la mairie de Paris et qui siège au Conseil constitutionnel. C’est quand même la seule cour suprême au monde où il faut avoir un casier judiciaire pour y siéger.
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Le Medef a déclaré que l’Union européenne « est un atout considérable » pour les entreprises et dénonce les programmes de « certains » comme le RN ou le Nouveau Front populaire. Qu’en pensez-vous ?
Le Medef est aussi légitime pour représenter les entreprises que moi pour représenter l’amicale des pole dance. Ils font partie de cette classe qui touche des subventions, qui a abandonné des sociétés et n’a jamais eu le courage de se révolter contre l’État. Ils sont des laquais du gouvernement. Lorsque la Suède a fait faillite en 1992, les dix plus grandes sociétés suédoises ont menacé de déménager leur siège à Londres si leur gouvernement continuait ses conneries socialistes. Aucun ne l’a fait et ils se sont tous couchés. Le vrai problème n’est pas l’Europe mais l’euro. Nous n’avons plus de souveraineté monétaire. Le gouvernement doit choisir entre la souveraineté budgétaire de la France ou l’asservissement au FMI. Je suis persuadé d’ailleurs que le MEDF serait pour le FMI, ils veulent toujours baisser les salaires des pauvres gens.
Bruno Le Maire est-il le pire ministre de l’Économie de la Ve République ?
La concurrence est rude! Disons qu’en tant que ministre des Finances, il est aux ordres de son patron. Donc pour répondre à votre question, j’ignore si c’est le plus mauvais, en revanche Emmanuel Macron est de loin le pire président de la Ve !
Et le meilleur ?
Antoine Pinay qui est fils de fabricant de chapeaux de paille à Saint-Chamond, René Monory qui était garagiste et Pierre Bérégovoy arrivé par le syndicalisme. Ils avaient tout trois un point commun: ils avaient un certificat d’études et c’est tout! Donc pour être un bon ministre des Finances, il faut avoir tenu une baraque à frites. Sinon vous êtes un EY (I educated yet idiot’claissification), une classification que l’on doit à Nassim Taleb et qui décrit fort bien la situation française





