Le cinéma du couple Straub-Huillet n’a pas vraiment passé le cap des années 80 : trop exigeant, trop dépendant d’une certaine Nouvelle Vague qui s’entichait des postures du Nouveau Roman ou du théâtre brechtien… Pourtant, leur œuvre recèle quelques perles comme cette Chronique d’Anna Magdalena Bach, l’un des rares films à véritablement montrer la musique, au lieu de sombrer dans l’hagiographie crétine ou le pensum musicologique.
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Basé sur des textes d’époque qui relatent la relation du Cantor de Leipzig avec sa deuxième femme, et sur les prestations filmées du claveciniste virtuose Gustav Leonhardt, qui interprète le rôle de Bach, le film déploie une étonnante véracité, grâce à des plans dépouillés qui dépeignent parfaitement la rigueur luthérienne et la recherche de perfection du compositeur. En évitant à tout prix la reconstitution historique, le film gagne en incarnation et constitue une sorte de document musical tout en spiritualité, qui explore les cimes de l’amour et l’abîme de l’inspiration. Magnifique.
Chronique d’Anna Magdalena Bach (1968) de Straub et Huillet. Avec Gustav Leonhardt, Christiane Lang-Drewanz et Paoli Carlini. Sortie en DVD aux Éditions Montparnasse





