Un brelan de tyrans, Staline, Hitler, Mussolini, végète dans les limbes ainsi que Churchill. Ils ratiocinent, s’asticotent, ou conversent avec leurs doubles (car ils se démultiplient aussi). La porte du Paradis s’entrouvre, l’ombre de Napoléon se faufile… Fairytale n’a pas peur de refaire En attendant Godot avec les pires dictateurs du XXe siècle dont les images d’archives sont truquées grâce au procédé du deepfake : modifiées par l’intelligence artificielle, les défunts maléfiques sont intégrés dans des décors à la Gustave Doré où ils errent sans but.
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La patte d’Alexandre Sokourov, cette impression de voir à travers un tulle gras, est toujours perceptible. La bande-son, à l’avenant, berce le spectateur en multipliant les langues : l’infinie conversation a commencé et s’achèvera sans nous ; une mer de soldats enfle et se dissout en cadavres. Pas sûr que Fairytale raconte grand-chose, mais il saisit que l’enfer est une répétition. Sa splendeur et son aura irréductibles en font un pur objet de fascination.
Fairytale (1 h 18), d’Alexandre Sokourov, en salles le 10 mai.





