Ils sont rares, les films à pouvoir devenir un probable invariant de tout bizutage de médecine qui se respecte. De humani corporis fabrica est de ceux-là, avec son odyssée endoscopique de l’homme-machine renvoyant à une exploration plus large de l’hôpital, ce grand corps malade. « Je n’ai pas encore eu d’érection aujourd’hui », s’inquiète un chirurgien masqué. Le matérialisme absolu de Verana Paravel et Lucien Castaing-Taylor se lit dès l’entame avec les graffitis d’un souterrain : « Je baise, il suce ».
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La pénétration et l’aspiration de tous les conduits humains à fin de guérison entraînent l’omniprésence des plans-séquences, supportables selon les limites du spectateur. La caméra est un œil intrusif jamais pire que quand elle fixe. Cet uppercut documentaire peut rebuter, mais la désolation de la chair s’y lit aussi à l’abandon de l’institution. Qui tiendra jusqu’au bout connaîtra le graal d’un sabbat à la fois obscène et libérateur, Blue Monday résonnant dans un enfer enfin éclairé.
De humani corporis fabrica de Véréna Paravel et Lucien Castaing-Taylor, en salles le 11 janvier





