Le cinéma à la papa existe encore, même s’il est obligé de donner de menus gages à l’époque. Dernier exemple, El Buen Patrón qui suit le directeur d’une usine familiale de balances, une semaine avant l’obtention d’une récompense régionale. Dans un numéro millimétré, Javier Bardem imagine Jean Gabin forcé de composer avec la satire sous couvert des catastrophes qui s’abattent sur lui. Si le scénario essaie de le faire tomber de son piédestal, la mise en scène lui redonne de l’assise.
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Le dessein de Fernando León de Aranoa, qu’il se l’avoue ou non, est de conforter son premier de cordée. Tous les autres personnages sont ainsi des faire-valoir envisagés comme tels et sacrifiés quand il le faut par le récit, anticipant les désirs du « bon patron ». Un codicille féministe a beau sauver les apparences, on trouvera difficilement plus paternaliste que ce film dont l’équilibre entre la comédie et le drame s’établit dans la médiocrité commune.
El buen patrón (2h00), de Fernando León de Aranoa, avec Javier Bardem, Manolo Solo, Almudena Amor, en salles le 22 juin





