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[Cinéma] Juste sous vos yeux : insignifiant

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Publié le

21 septembre 2022

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S’auto-photocopiant depuis des lustres, Hong Sang-Soo a encore frappé. Mélo squelettique recherche chair.
Juste sous vos yeux

Sang-Soo tourne trop et trop vite. Il réussit un film tous les dix ans, le reste se répartissant du visible à l’insignifiant. On peut ranger « Juste sous vos yeux » dans cette dernière catégorie. Une ancienne actrice rentre chez sa sœur en Corée, un film en vue. Mais c’est compter sans le lourd secret qui la ronge, qu’un spectateur non lobotomisé percera en deux minutes, rien qu’à la voix-off pleine conscience et au geste de se masser le ventre. En plus du scénario, le laisser-aller s’étend à presque tous les postes, de l’étalonnage hideux à la prise de son hasardeuse (mention spéciale au micro sur l’imperméable plié).

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Chaque longue scène ressemble à une répétition où les acteurs caleraient leur texte et leurs intentions de jeu. Jusqu’aux zooms, marque distinctive du cinéaste coréen qui s’inversent ici en dézooms, comme si l’éloignement forcé de l’héroïne était aussi celui du cinéaste pochetron, adulé mais désormais sans jus. Seul un mouvement d’appareil qui part d’un balcon avant de se redresser pour dévoiler des tours reste en mémoire. Manque de pot, c’est le générique de début.


Juste sous vos yeux (1h25), de Hong Sang-Soo, avec Hye-Young Lee, Yunheecho, Hae-hyo Kwon, en salles le 21 septembre

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