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[Cinéma] Les feuilles mortes : maudits temps modernes

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Publié le

4 octobre 2023

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« La noblesse un peu rugueuse des amoureux – idéalement incarnés par Alma Pöysti et Jussi Vatanen – rappelle le cinéma muet dont Kaurismäki a été l’un des derniers représentants.» Notre critique.
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Raide et coloré, mutique et rock’n’roll, le cinéma d’Aki Kaurismäki a souvent buté sur des effets de signature un peu trop envahissants, sans atteindre toutefois le mercantilisme repoussant d’un Almodóvar. Son nouveau film, Les Feuilles mortes (Prix du jury au dernier Festival de Cannes) fonctionne à l’économie. Le découpage ne s’autorise aucun plan inutile. La simplicité va avec la précarité de la vie, comme on entend à la radio, emplissant le studio de l’héroïne, des nouvelles de la guerre en Ukraine.

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L’amour entraperçu puis égaré – un ouvrier qui cache son alcoolisme – repassera-t-il ? Relevant du genre délicat de la rencontre avortée comme Solitude (Paul Fejos, 1928) ou Elle et lui (Leo McCarey, 1938 et 1957), cette romance en pointillé s’autorise à peine un baiser. La noblesse un peu rugueuse des amoureux – idéalement incarnés par Alma Pöysti et Jussi Vatanen – rappelle le cinéma muet dont Kaurismäki a été l’un des derniers représentants (Juha, 1999). Le dernier plan chaplinien confirme que le film sait nous séduire par son charme.

LES FEUILLES MORTES (1h21), d’AKI KAURISMÄKI, avec Alma Pöysti, Jussi Vatanen, Janne Hyytiäinen, en salles le 20 septembre.

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