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[Cinéma] Revoir Paris : sans haine, ni talent

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Publié le

7 septembre 2022

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Et si le 13 novembre devenait le prétexte à une histoire d’amour où les bons sentiments – résilience & cie – puent des pieds ? Revoir Paris s’y colle.
revoir paris

L’abjection d’un film se loge souvent dans ses détails. Une victime (Virginie Efira) interroge un témoin sur l’auteur de l’attentat où elle a été blessée, lors d’un 13 novembre revisité en brasserie de luxe. La serveuse lui répond qu’il était comme un « ange » (sic). Déconnecté de tout réel, avec ses personnages sommaires et ses sites touristiques désincarnés, Revoir Paris d’Alice Winocour tient du jeu de l’oie et du roman-photo.

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Mais aussi du conte où deux fées accélèrent le destin de l’héroïne qui finira par quitter son mari infidèle pour un trader clopinant, un peu blaireau mais victime comme elle. La première fée est ce terroriste sans visage, « angélique » dont l’idéologie ne sera jamais nommée, la seconde un migrant africain, employé du restaurant, qui lui tiendra la main pendant l’attaque. Le cinéma français dit « du milieu » est ce lieu où la bourgeoisie guérit ses blessures invisibles en se mirant dans l’eau croupie d’une compassion aussi fausse qu’avantageuse. Vous n’aurez pas sa haine. Son talent non plus.


Revoir Paris (1h45), d’Alice Winocour, avec Virginie Efira, Benoît Magimel, Grégoire Colin, en salles le 7 septembre

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