La réalisatrice Charlotte Reagan a commencé comme photographe et ça se voit, avec Scrapper, elle pose sur la banlieue londonienne un regard de plasticienne, élaborant chaque plan comme une miniature acidulée – et qui correspondrait au point de vue de son héroïne, une gosse fantasque laissée à elle-même après la mort de sa mère et qui doit brusquement composer avec le retour d’un père-enfant aussi déconnecté qu’elle. Pas vraiment de surprise donc, dans ce film d’apprentissage qui brasse tous les tropes esthétiques du « film Sundance » – montage elliptique, témoignages en off des personnages secondaires, couleurs javellisées, etc. Reste une photographie chiadée (œuvre de la chef opératrice Molly Manning Walker, également réalisatrice du réussi How To have Sex) ainsi qu’une belle complicité entre les deux acteurs principaux, qui parviennent à nous faire gober leur parenté problématique et nous emmènent tant bien que mal sur les chemins sinueux de leur amour naissant. Pas si mal.
SCRAPPER (1h24), de CHARLOTTE REAGAN, avec Harris Dickinson, Lola Campbell, Alin Uzun, en salles le 10 janvier.





