La singularité de Pierre Creton tient tout entière dans la première ligne de sa page Wikipédia : ouvrier agricole, plasticien et réalisateur français. Le goût des terroirs, des voyages et des rencontres érotiques façonne un univers singulier qu’on peut trouver cohérent et abscons à la fois. Dans Un Prince, l’initiation d’un double évident, suivi jusqu’à l’âge mûr, se fait par l’horticulture et l’homosexualité dans une atmosphère presque klossowskienne.
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Une polyphonie de voix rapportées, ne correspondant pas aux corps qui sont censés les émettre, tisse un récit où les creux et les écarts étonnent mais, à force, lasse aussi. Les textes en off, plutôt remarquables, écrasent sur la longueur la platitude des images. Un duo d’effets spéciaux numériques – l’un jouant assez gratuitement sur la prolifération ; l’autre, magnifique, sur la disparition – éclaire d’une lueur curieuse le vieux couple Eros et Thanatos. Lui manque toutefois le sens de la chair et du danger.
UN PRINCE (1h22), de PIERRE CRETON, avec Antoine Pirotte, Manon Schaap, Vincent Barré, en salles le 18 octobre.





