Ça commence comme un conte fantastique intimiste : Vincent, petit employé grasseyant d’une boîte de communication lyonnaise, est agressé sans raison par un stagiaire. Puis par son comptable. La comédie surréaliste laisse place lentement à autre chose. Le doute s’installe. Une foule anonyme devient menace. Et si tout le monde en voulait à Vincent ? Comme dans tous les grands films fantastiques, la caméra ne lâche pas son héros d’une semelle. Et le monde, vu à travers les yeux de chien battu de Karim Leklou (magistral) devient peu à peu sauvage et dangereux.
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En passant de la fable fantastique au conte apocalyptique, la proposition jusqu’au-boutiste de Stéphan Castang donne enfin du corps et de l’âme au cinéma de genre français. Vincent Doit Mourir dresse le portrait glaçant d’une France exsangue et ultra-violente, où chacun s’isole tragiquement, incapable de communiquer, et où le seul recours consiste à s’ensauvager. Jusqu’au plan final bouleversant, qui assume le grand écart entre John Carpenter et Magritte.
VINCENT DOIT MOURIR (1h48), de STÉPHAN CASTANG, avec Karim Leklou, Vimala Pons et François Chattot, en salles le 15 novembre.





